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Toit en Transition, tous producteurs d’énergie !

LES PETITS ENGAGEMENTS ET LES GRANDES AMBITIONS

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Bonjour les DDnautes, pour notre rentrée tardive, voici un article qui met du boom au cœur.

Ce qu’il y a de cruel dans  le fait de porter en soit des idées de la transition écologique et de tenter de les inviter dans son quotidien, c’est la solitude.  Cette solitude créée par l’immensité de la tâche et le sentiment que nos actions isolées sont plus que vaines. Le sentiment aussi que nous ne pourrons pas être partout à la fois. Nous ne pourrons pas nous appliquer toutes les idées pertinentes et géniales que nous découvrons tous les jours. Mais comme la nature est bien faite, il y ‘a toujours quelques chose qui vient juguler une autre. Par exemple, de voir que d’autres personnes, tout aussi isolées, se fédèrent, mettent en route des projets et tentent de les porter jusqu’au bout avec leur minces moyens.

C’est le cas de toit en transition, qui n’est d’ailleurs plus vraiment une minuscule structure, en tout cas pas par l’ambition.

TOIT EN TRANSITION ORIGINE ET  OBJECTIFS

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Toit en transition est une association crée dans la région Lyonnaise en 2015, constituée de citoyens bénévoles, avec pour but de développer localement les énergies renouvelables, et de lancer des actions de sensibilisations aux questions des énergies sur le territoire de la Métropole de Lyon et ses environs.

Concrètement,  Toits en Transition vise à rapprocher les collectivités des citoyens afin d’installer des petites centrales de panneaux solaires photovoltaïque sur un maximum de bâtiments. Le financement du projet est à la charge des citoyens et des acteurs locaux ou non, s’inscrivant dans la démarche de l’association. Accompagné par l’agence locale de l’énergie et le climat (ALEC), l’association a su créer des partenariats pour lancer le projet, notamment avec :

Les CIGALES – Groupe de citoyens investisseurs, dont on a parlé dans un article sur le blog.

ENERGIES PARTAGEES -association de financement citoyen des énergies renouvelables ;

ENERCOOP – fournisseur coopératif d’énergie 100 % renouvelable

Depuis 2015, un travail de longue haleine a été mené pour apporter la consistance nécessaire au projet, qu’il soit crédibles aux yeux des  différents interlocuteurs. Une société coopérative a été créée, pour la réalisation et l’exploitation des installations. Elle répond au doux nom de « un deux trois, soleil ».

Fort de tous ces outils, il ne restait plus qu’à convaincre le plus de citoyens possible et les collectivités. La Métropole lyonnaise d’abord frileuse,  a finalement rejoint  l’aventure. L’ALEC elle, s’est engagée plus sérieusement en entrant au capital de la société coopérative, en plus de son aide technique et la mise à disponibilité de ses moyens pour ouvrir le débat public.

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S’en est suivi la définition du projet pédagogique, la recherche de toits et les études faisabilité.

AUJOURD’HUI

Aujourd’hui, toit en transition c’est plus de 250 contacts avec des particuliers ou des structures intéressées par une installation de centrale photovoltaïques. C’est 10 toits déjà validés, sur 9 communes du grand Lyon.  trois installations, dont  deux installations dores et déjà terminées et fonctionnelles, sur la commune de Grigny, et une autre à la MJC de Sainte Foy Lès Lyon.

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L’association continue de travailler d’arrache pied pour valider et lancer de nouveaux chantiers.  Des réunions d’informations sont régulièrement organisées, pour sensibiliser les citoyens et accompagner ceux qui sont intéressé pour rejoindre le projet. Que ce soit en tant que sociétaire ou pour mettre son toit à disposition.  Les conditions principales pour rendre possible une installation, est la concordance avec les critères techniques et légaux, ainsi que l’implication des communes.  Sans ces deux points, les projets malgré la grande volonté de toutes parts, se trouve impossible à réaliser.

MODÈLE ÉCONOMIQUE

Il y’a évidemment l’aspect économique, étant donné que chaque toit équipé, représente entre 20000 et 25000€ d’investissement.  Pour récolter ces fonds, toit en transition compte sur vous, nous, citoyens pour participer activement.

La société coopérative « un deux trois soleil » loue les toits aux personnes physiques ou morales, puis revend l’énergie produite à un fournisseur d’électricité. Les tarifs d’achat sont  fixés et garantis par L’État sur 20 ans. La société coopérative sera gouvernée de manière transparente et démocratique (1 personne = 1 voix).

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A noter que toute personne intéressée peut acheter  un part de la société coopérative, et devenir ainsi sociétaire.  Aujourd’hui cette part est proposée à 50€.

Les bénéfices de la société seront gérés de façon citoyenne. L’ensemble des investisseurs décideront en assemblée générale de les reverser aux sociétaires, de les utiliser dans de futurs projets ou de financer des actions de sensibilisation.

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BESOIN DE FINANCEMENT A CE JOUR

Le coût des 10 installations est estimé à 300 000 €.
Ce montant sera constitué par :
– les fonds déjà collectés (25 000 €),
– la campagne de financement en cours (85 000 €),
– une subvention de la Région, et un emprunt bancaire.

LA GOUVERNANCE

Chaque sociétaire, quel que soit le nombre de parts souscrites, dispose d’une voix aux assemblées générales.
La gouvernance est articulée en quatre collèges :
A – Collège porteur du projet, l’Association Toits en Transition : 35 %
B – Collège des citoyens, les personnes physiques : 35 %
C – Collège des partenaires, les personnes morales : 15 %
D – collège Collectivités publiques : 15 %

Composition du Conseil de Gestion :
A – Collège porteur du projet : 3 membres.
B – Collège citoyens : 3 membres.
C – Collège partenaires : 1 membre.
D – Collège collectivités : 1 membre.

CAMPAGNE DE FINANCEMENT

Depuis le 19 juin 2017, une campagne de financement est lancée, pour permettre au plus grand nombre de souscrire, avec un objectif de 100 000 euros. Au jour où nous écrivons ces lignes, (10/10/17) le montant collecté s’élève à 78540 €. Il ne vous reste plus qu’à remplir la fiche de souscription disponible sur le site toitentransition.fr, et sortir votre carnet chèque, afin que ce beau projet ait la chance de se développer.Capture2

LABORATOIRE D’ALTERNATIVES

Toit en transition avec ce projet réussit un tour de force, et sa consécration ne dépends que de nous.

Il concentre les questions purement liées à la transition énergétique, a savoir la production d’énergie renouvelables par des installations de taille modestes. Mais également celles liées à l’économie sociale, qui s’articule autour des des solutions alternatives pour les rendre pérennes.  N’oublions pas la prouesse technique que représente chaque chantier, tant les contraintes sont nombreuses, et le plus appréciable, c’est l’avanture humaine. Le fait que de simples citoyens s’emparent de ce projet, le porte depuis plusieurs années et soient en passe de transformer l’essai.

Pour toutes ces raisons, c’est une aventure qui vaut le coup d’être suivi de près, et d’être soutenu. Il n’y a pas de regard idyllique à avoir, rien n’est simple ni évident.  Il y a seulement  des personnes qui tentent essayent des choses, y croient tout part toujours de là.

Bravo à eux.

Pour aller plus loin :

Facebook :  toit en transition

Site  Web : https://toitsentransition.weebly.com/

Site Energies Partagée

Article sur les énergies renouvelables Lebilletdd

 

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Sauvons la planète, Mangeons des insectes !?

Que mangerons-nous demain ?

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Dans le contexte d’une population croissante, d’une urbanisation galopante et du débat autour de la disponibilité des ressources, l’alimentation saine et bon marché est un sujet à la fois de crispation et d’inventivité.

A l’horizon 2050, la planète terre abritera neuf milliards d’êtres humains. Les foyers de croissance de la population mondiale se situent dans ce qu’on appelle « le tiers monde » notamment en Afrique et en Asie. Dans un rapport de l’INED* datant de 2015, il est dit que la population de l’Inde croit plus rapidement en une semaine, que celle de l’Europe en un an.

Il va falloir nourrir tout ce monde. Des ébauches de solutions voient le jour. Certaines, alléchantes de primes abord s’avèrent être de fausses bonnes idées, d’autres sont encore en phase de test, ou tentent petit à petit de rentrer dans les habitudes alimentaires.

L’enjeu de la viande

Dans l’alimentation, il y a la viande qui occupe une énorme place, tant dans les habitudes que dans les ressources nécessaires pour la produire. Au fur et à mesure que  les pays se développent économiquement,  leur consommation de viande augmente. Ainsi, la Chine est passée de 13 kg de viande en moyenne par an et par personne, à près de 50 kg/personne et par an. Pendant ce temps les pays occidentaux ont baissé d’assez peu leur consommation. En France, on estime qu’un habitant consomme environs 86 kg de viande par an.

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Une chose est sûre, si chaque être humain devait se mettre à consommer autant de viande qu’un Français ou un Allemand, il n’y aurait pas assez de surface agricole pour produire les végétaux qui permettent de nourrir les bêtes.

C’est pourquoi des alternatives voient le jour. Le végétarisme et le végétalisme pour les plus aguerris, le flexitarisme ou semi végétarisme pour les modérés et bientôt l’entomophagie !

Entomophagie ?

C’est simplement le fait de consommer des insectes ! Ce n’est pas une pratique nouvelle, mais elle est peu courante en Europe. En tout cas, si elle a existé, cela fait bien longtemps qu’elle a disparu. La barrière culturelle semble être le principal blocage à cette pratique aujourd’hui,  pourtant nous consommons déjà des insectes sans s’en rendre compte. Pendant la récolte, la transformation et le stockage, des insectes s’introduisent  dans nos aliments ordinaires et ne sont pas toujours tous éliminés.

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Il existe d’ailleurs une norme légale en France, qui fixe les plafonds de fragments d’insectes dans les aliments. 80 fragments de cuticules d’insectes dans 100g de chocolat, ou 75 fragments dans 50g de farine*(2).

On estime à environ 500g la quantité d’insectes mangés par chaque français tous les ans.

Des experts, des entreprises et des particuliers semblent convaincus que la consommation d’insectes  est un moyen efficace de faire face aux défis qui nous attendent sur la question de l’alimentation saine et disponible pour tous. Elle pourrait accompagner la réduction de  consommation de viande, tout en en garantissant les apports nutritifs nécessaires à la santé humaine. Au-delà de la consommation directe, les farines d’insectes peuvent aussi servir pour nourrir les animaux d’élevages.

Même la très Sérieuse FAO, organisation des nations unies pour l’alimentation, encourage la pratique. Il faut dire que  là où il faut 10kg de végétaux pour produire 1kg de viande,  il n’en faut que 2kg pour produire le kilogramme d’insecte.

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Sur le plan environnemental, on estime que  les rejets et la pollution seraient divisés par dix. Bien sur, il faut évaluer les impacts d’une production de masse.

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Une Ferme aux Grillons dans le Pilât (Loire)

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A Pélussin, en plein milieux du massif du pilât dans la Loire, nous avons rencontré Roxane,  qui s’est installée avec mari et enfants dans cet écrin de verdure, pour  développer son projet d’élevage de grillons destinés à la consommation.

On est perplexe quand on arrive devant  ce corps de ferme, aménagé en maison d’habitation agréable. La maîtresse des lieux vous accueille avec un grand sourire et vous amène volontiers dans les locaux de son activité.

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Une grande pièce avec bacs superposés. A l’intérieur, on aperçoit des boîtes à œufs empilées et des plantes vertes posées par-dessus.

Les grillons,  on les entend plus qu’on ne les voit, Roxane explique comment elle procède pour faire grandir son élevage. La sélection des mâles reproducteurs, la couvée, la ponte.

Puis elle ouvre les bacs, et des centaines de petits grillons se dévoilent.

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Elle parle du grillon qu’elle connaît bien, « ce sont des insectes fragiles, il faut prendre soins d’eux si l’on souhaite qu’ils se reproduisent ». Sur un mur de la pièce, de nombreux documents expliquent la démarche de la fermière, Une revue de presse rassemble les différents articles consacrés à cette activité peu commune.

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Roxane est une baroudeuse, elle a parcouru de nombreux pays du monde, Asie, Afrique, Amérique latine.  C’est pendant ses séjours qu’elle a découvert la consommation d’insectes.

Lorsqu’en 2015 cette jeune maman cherche à se lancer dans un élevage à fort rendement, pouvant répondre au système de circuit court et de vente à la ferme et n’impliquant aucune alimentation industrielle, l’idée d’élever des grillons s’impose peu à peu.  Elle tombe alors sur un reportage qui valide son sentiment.

« C’est finalement une pratique très peu coûteuse pour  l’environnement, pour les bêtes elles-mêmes, pour le producteur et le consommateur ».

Elle se lance, et à côté  de l’élevage de grillons, elle créé une table d’hôtes où elle sert des plats concoctés avec les fruits, légumes et aromates de sa ferme. Évidement les grillons de son élevage sont aussi au menu.

«  Il n’y a que le pain, le fromage, le beurre et le vin qui ne sont pas fait maison ».

Ainsi, on peut déguster des crêpes à la farine de grillons, des fricassés, ou encore les gober en apéritifs. Le cadre est agréable, une piscine, une aire de jeu et un intérieur aménagé pour la détente, font du lieu un vrai havre de paix.

Après avoir visité la salle d’élevage,  nous nous retrouvons dans la grande pièce à vivre où Roxane reçoit le public.  Une séance de dégustation commence.

« Goutez ! Ça a un goût d’amende, ceux-là sont un peu plus corsés, ceux-ci sont doux ».

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Une fois l’appréhension passée, on se laisse tenter et il faut avouer que finalement, le goût est au rendez-vous.

La durée de vie d’un grillon est  très courte (moins d’un an), ce qui permet un renouvellement rapide et ne nécessite pas qu’on accélère leur croissance comme cela peut être le cas pour la plupart des animaux des élevages industriels.

Roxane accueille les curieux qui souhaitent visiter son élevage les vendredis et samedis, de 10h à 19h à partir du mois d’Avril jusqu’en Septembre. On peut repartir avec des bocaux de grillons de différents goûts, pour prolonger l’expérience à la maison ou en faire profiter les proches.

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L’élevage et la consommation d’insectes est à ses balbutiements, les promesses sont alléchantes, d’un point de vue économique, environnemental et social. Reste à voir la dimension et la tournure que cette activité prendra.  En attendant, restons curieux !

Pour se rendre à la ferme aux grillons :

Adresse :16 chemin de la morcellerie, 42410, Pélussin, Rhone-Alpes, France

Page Facebook : @lafermeauxgrillons

*(1) voir la série de vidéos de l’INED  » La croissance démographique aujourd’hui »

*(2) Voir le Courrier de l’environnement de l’Inra N° 52, 2004