Énergies Renouvelables : Panorama d’une alternative #2

DOSSIER : Suite et  fin du dossier sur Les énergies renouvelables. pour lire le premier article cliquer ici.

L’ÉOLIEN

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Les éoliennes que nous voyons aujourd’hui peupler nos paysages sont les descendantes des moulins à vent d’antan, utilisés pour moudre le grain ou pomper l’eau. Ces éoliennes nouvelles génération, sont apparues au milieu des années 75. Elles transforment la force du vent en mouvement mécanique qui fait tourner un génératrice et produit de l’électricité.

EXPLOITATION :

En général, une éolienne est constituée de plusieurs pales, d’un mat, et d’une partie électrique, dont un multiplicateur de vitesse (des pales),  et une génératrice. L’électricité ainsi crée est généralement injectée dans le réseau électrique. La puissance d’une éolienne dépend de la force du vent, mais aussi de la surface des pales et leur oblicité. On trouve des éoliennes de taille variables, de petites éoliennes individuelles aux grandes qui forment parfois des parcs. Elles représentent 3.9% de l’électricité produite et consommée en France et 17.2% dans le monde.

AVANTAGES : L’énergie éolienne s’est développée plus rapidement que le solaire, grâce à son prix qui a rapidement atteint le seuil de rentabilité, à la relative facilité des installations, au progrès de la recherche et des subventions. Elle peut être exploitée par une installation individuelle, elle n’émet évidemment pas de gaz à effet de serre, hors mis ceux émis pour fabriquer et transporter les équipements.

INCONVÉNIENTS : Beaucoup de réticences ont vu le jour vis-à-vis des parcs éoliens, à cause du bruit généré par les pales et le multiplicateur de vitesse. On avance également le fait qu’ils dénaturent les paysages et peuvent être dangereux pour les oiseaux.

Il faut dire que certains pylônes électriques génèrent les mêmes nuisances sans provoquer les mêmes émois. Les autorités ont pris des mesures. Par exemple, les éoliennes sont interdites  à moins de 500 m des habitations. Par ailleurs, les progrès techniques ont considérablement réduit ce bruit.

INNOVATION :

Un fort vent d’innovation souffle sur les technologies éoliennes. Il ne s’agit plus seulement des grandes installations à pales qui peuplent nos campagnes. les innovations vont du développement  des hydroliennes jusqu’à la fabrication par les utilisateurs de leur équipements.

ÉNERGIES ISSUES DE LA BIOMASSE

On appelle BIOMASSE toutes les énergies issues des végétaux. Cela regroupe  l’énergie issue de la combustion du bois, les bio carburant, la fermentation des déchets organiques, et par extension l’incinération des déchets ménagers. En comptant toutes ses composantes, la biomasse représente 11% de l’énergie totale consommée dans le monde (1).

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LES BIOCOMBUSTIBLES (Le Bois)

L’utilisation du bois comme combustible est une pratique aussi vielle que l’humanité. D’autres combustibles végétaux, comme les résidus agricoles peuvent être utilisés, mais le bois reste le combustible végétal le plus rependu.

Dans les pays du sud, le bois est généralement la principale source d’énergie, pour la cuisson et le chauffage. 75% des forêts naturelles y sont exploitées à ces fins. Dans les pays dits industrialisées la proportion est inversée.

Les installations les plus élaborées pour exploiter l’énergie du bois sont les centrales thermiques à bois, qui servent à la fois à générer de l’électricité et du chauffage.

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AVANTAGES : Le bois est une ressource renouvelable et disponible, pour peu qu’on tienne compte de son cycle de renouvellement. En France, le bois est une ressource abondante, fruit des initiatives prises dans les siècles précédents pour protéger voire, créer de toutes pièces des forets.

INCONVÉNIENTS :

Les principaux inconvénients de l’exploitation énergétique du bois sont la déforestation et la pollution atmosphérique. Le bois est une énergie renouvelable mais assez polluante. La combustion émet des fines particules ou matières particulaires, qui sont désormais quasiment toutes considérées comme cancérigènes . Un investissement massif dans ce type d’énergie voit forcément le stock en bois décroître plus vite que les jeunes arbres ne pousse et mène à  l’impasse.

INNOVATION :

En matière de bio combustion, les innovations les plus applaudîtes sont celles dites du tri génération, produisant de l’électricité, du chauffage, et du froid. La centrale de Montpellier Port Marianne est un exemple.

POLÉMIQUE 

Un projet de centrale à bois à été lancé en janvier 2016 à Gardanne, mais le projet est largement décrié

LES BIO CARBURANTS :

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Ce sont des carburants issus de sources renouvelables, essentiellement d’origine végétale. Plantes riches en matières grasses, en sucre, amidon ou fibreuses.

On distingue les BIOÉTHANOLS,  et les BIO DIESEL.

BIO ÉTHANOL (substitut de l’essence) : on les obtient par la fermentation des sucres contenus dans les plantes tels que la canne à sucre, la betterave, les topinambours etc.  Ou les plantes riches en amidon, comme le maïs, la pomme de terre..  Après fermentation, on obtient un alcool pur qui peut remplacer l’essence.

BIO DIESEL (substitut du gasoil) : On les obtient par l’extraction et/ou éthérisation de l’huile de colza, arachide, soja etc…

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EXPLOITATION :

En principe, on peut remplir son réservoir à essence avec 100% de bio éthanol, mais l’usage est plutôt d’en mettre entre 20 et 30% dans de l’essence conventionnel. Seul le Brésil va jusqu’à 50%.  Le biodiésel par contre peut être utilisé à 100% dans certains véhicules vendus dans le commerce, notamment les engins agricoles.

AVANTAGES :

Les biocarburants ont l’avantage de permettre la diversification des sources de carburant, et ainsi amortir la dépendance au pétrole. Leur performance est équivalente à celle des carburants fossiles.  Les émissions de gaz à effet de serre des biocarburants restent inférieures à celle des carburants fossiles, même s’il faut encore affiner les études sur le sujet.

INCONVÉNIENTS :

Il y a deux décennies, les biocarburants présentaient un réel avantage en matière de pollution atmosphérique (moins d’oxyde de soufre, d’oxyde de carbone…)  mais l’amélioration  de la qualité des carburants fossiles à effacé cet avantage.

Le bilan environnemental des biocarburants est très mitigé et sujet à polémiques. En effet, les étendues de sols toujours plus grands que demanderait une généralisation de ces carburants auraient un impact direct sur les espaces cultivables dédiés à l’alimentation humaine. Ainsi, on court le risque d’affamer encore plus le monde si on dédie trop d’espace agricole aux biocarburants.

De même, pour faire face à la demande, il faudra toujours plus d’épandage de produits chimiques, avec les risques que cela représente. Sans compter l’impact sur l’eau, l’appauvrissement des sols, la déforestation…

Les biocarburants ne représentaient en 2014 que 3% de la consommation planétaire de carburant(2) le Brésil et les états unis représentaient 90% de la production et consommation de bioéthanol (3).

L’Allemagne et la France représentaient 50% de la production et consommation de biodiesel (4)

Une directive européenne 2009/28 exige que les énergies renouvelables représentent d’ici 2020, 10% des carburants utilisés dans l’union. Les  biocarburants y sont plafonnés à 7% avec une exigence de durabilité pour ces dernières.

INNOVATIONS :

En matière de biocarburant, les innovations se situent essentiellement sur le développement de biocarburants de 2e et 3e générations. Ces nouvelles formes de carburants visent à exploiter des végétaux qui ne remettent pas en cause les plantes alimentaires. En utilisant par exemple les parties non comestibles des plantes, ou des plantes comme le jatropha, qui poussent sur des terres arides et dans des déserts.

 

 

L’ÉNERGIE DES DÉCHETS – LE BIO GAZ

Par extension, on considère les déchets de l’activité humaine comme source d’énergie renouvelable.

L’agriculture, l’industrie, la construction… sont des activités perpétuelles tant qu’il y’a aura des êtres humains sur terre. Elles génèrent des extrants perpétuels qui  sont des sources d’énergie perpétuelles, donc renouvelables.

La principale énergie tirée de ce principe et la mieux maîtrisée est le BIO GAZ. Obtenue par fermentation ou « méthanisation » des déchets, le plus souvent issues de l’élevage, de l’agroalimentaire, des ordures ménagères etc..

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EXPLOITATION :

La fermentation est un processus biologique par lequel les bactéries décomposent la matière organique. Pour le Bio Gaz, il s’agit le plus souvent de la fermentation anaérobique, c’est-à-dire hors du contact de l’air. Ce qui donne un mélange de gaz carbonique et de méthane. Les proportions sont en moyenne de 65% pour le méthane et 35% de gaz carbonique. Le gaz ainsi obtenu est le même que celui qu’on trouve dans les gisements sous terrains et qui alimentent nos systèmes de chauffages ou nos gazinières. On utilise le biogaz essentiellement pour le chauffage, à proximité du lieux de production. La production en France en 2015 est d’environ 500 000 tonnes équivalent pétroles(5).

AVANTAGES :

Le Biogaz est une énergie bon marché comparée au gaz fossile, c’est aussi un excellent moyen de valoriser les déchets.

INCONVÉNIENTS :

Comme on l’as vu, le biogaz n’est pas 100% pur à sa production, il y a entre 35et 50% d’impureté dans le gaz issu de fermentation (gaz carbonique, hydraulique sulfuré..). Cette impureté implique des pertes lors du transport et des conditions particulières de conditionnement, qui augmentent son coût de production. Il n’est donc pas utilisable à grande échelle sur des grandes distances.

Cette faiblesse des débouchés fait que le biogaz qui ne sert souvent qu’a produire de la chaleur peut être excédentaire, dans les zones/ saison où on a moins besoin de se chauffer, en été par exemple.

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INNOVATIONS

Les innovations autour du biogaz, sont essentiellement tournées vers l’épuration pour mieux le transporter, le flécher vers les zones de besoin et/ou  l’injection de l’énergie dans le réseau domestique.

LA GÉOTHERMIE

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Le principe de la géothermie semble complexe de prime abord, mais quand on se dit que le centre de la terre à une température d’environs 4000°C, on comprend le vivier d’énergie à  exploiter. Les roches intermédiaires sont peu conductrices de chaleur, elles tempèrent cette force calorifique et la met à la portée de la technique humaine. En réalité, on doit la chaleur de la géothermie à la radioactivité du noyau de la terre.  Cette radio activité est accumulée dans certaines parties du sous-sol, notamment dans les nappes d’eau souterraines surchauffées.

EXPLOITATION

Les nappes d’eau sont accessibles grâce à la fracturation hydraulique, qui sert entre autre à exploiter le gaz de schiste. La chaleur est ensuite acheminée vers les points d’exploitation, notamment les habitations ou les installations. Évidemment, il y a tout un processus pour explorer, accéder, capter et exploiter la ressource.

Si la nappe ne distille pas une eau assez chaudes, en moyenne 45°C, on utilise ce qu’on appelle des pompes à chaleur, qui permettent d’avoir une chaleur optimal avec très peu d’énergie. En 2012, on estimais à 450 000 le nombre de logements alimentés en énergie (chauffage et/ou électricité) par une pompe à chaleur.

RENOUVELABLE OU PAS ?

Il est vrai que la question se pose de savoir si la géothermie est une énergie renouvelable, étant donné  qu’on exploite un stock de chaleur accumulé depuis des siècles. Certains parlent même de gisement, sauf qu’a l’inverse d’un gisement de pétrole, le « stock » en question est en permanence réchauffé et renouvelé par la chaleur de la terre.

AVANTAGES :

La géothermie n’émet pas de CO2, elle ne participe pas aux émissions de gaz à effet de serre. Une fois installée, c’est un équipement complètement autonome qui ne demande que peu d’entretien et de dépenses. De nombreux systèmes de géothermie domestiques se développent, en parallèle des applications industrielles comme pour les usines de papier en Nouvelle Zélande, ou d’amidon en Alsace.

INCONVÉNIENTS :

L’exploitation de la géothermie est onéreuse en investissement de départ. On estime à 75% la part de l’investissement dans le prix de l’énergie restituée. De plus, des gaz sont parfois contenu dans l’eau des nappes, et peuvent s’avérer dangereux, on as connu aussi des cas de soulèvement de terrain suite à une installation de stations géothermiques, à cause de la perturbation de certaines couches terrestres.

INNOVATIONS :

De nombreux appels à projets de la part d’opérateurs privés et/ou publics, tentent de booster l’innovation dans le secteur de la géothermie. Par exemple l’ADEME avec le fond chaleur finance de nombreuses installations dans ce secteur. La dernière prouesse notable en la matière est la première centrale géothermique profonde au monde, inaugurée en juillet 2016  à Rittershofen en Alsace.

SYNTHÈSE :

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A l’issue de ce panorama des énergies renouvelables, des données que nous avons observé, il semble claire que nous avons à notre disposition de quoi juguler, voir inverser la tendance du tout fossile. Nous devons néanmoins, fort de ces observations, tenter d’être objectif. Aucune des sources d’énergies renouvelables que nous avons étudié n’est capable de répondre à elle seule aux besoins de la planète en énergie, partout où il se fait sentir. Tant, il s’agit de question à traiter au cas par cas, certaines énergies renouvelables étant présente à certains lieux et rares à d’autres, abondantes à certaines saisons et faibles en d’autres, disponibles à des moments où le besoin n’est pas spécialement fort.

De même, Sachant d’où nous partons, il est difficile de passer du quasiment tout fossile d’aujourd’hui au quasiment tout renouvelable. Ce qui mène à dire que seul un savant mélange des solutions, faite sur la base d’une analyse fine des besoins et des ressources, d’une optimisation des solutions d’exploitations nous permettrait, à nous humains, de rendre notre approvisionnement en énergie, le moins polluant possible, pour la planète, et pour les hommes.

Il est difficile, d’envisager une solution autre, que la combinaison de l’ensemble des sources,  énergies fossiles comprises, pour créer un « MIX ÉNERGÉTIQUE » gagnant.

Rappelons qu’aujourd’hui, le mix énergétique de la France pour l’électricité est de 78% de nucléaire 1.6% de solaire, 3.6% d’éolien et 16% d’hydraulique. Cela laisse imaginer le travail qui reste à accomplir pour se rapprocher d’un équilibre.

POUR ALLER PLUS LOIN :

  • « Les énergies renouvelables » de Jacques Vernier Editions Puf.
  • (1)+(2)+(3)+(4) voir l’ouvrage de jacques Vernier cité ci dessus, chapitre IV page 75.
  • (5) Voir site Gaz de France

 

 

Énergies Renouvelables : Panorama d’une alternative #1

DOSSIER : Les énergies renouvelables sont les solutions énergétiques du futur. Mais comment sont elles réellement produites ? sous quel principe ?  quelles sont les différentes sources d’énergies renouvelables et que représentent elles dans notre consommation aujourd’hui ? quelles sont les dernières innovations ? ce dossier qui fera l’objet de deux articles tente de répondre à ces questions.

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On a coutume de dire que l’argent fait tourner le monde, en réalité, c’est l’énergie qui fait tourner notre monde. Imaginez une seule seconde notre planète  sans électricité ou sans pétrole ! Ce serait l’hécatombe assurée.

80% de l’énergie qui fait tourner le monde aujourd’hui provient des énergies fossiles, notamment, du pétrole (32%), du charbon (27%), du gaz (21%), du nucléaire (2%)(1). Le point commun de ces énergies est qu’elles sont épuisables et responsables d’une grande partie des émissions de gaz à effet de serre.

Avec le choc pétrolier de 1973, s’est posé la question de la réduction de la dépendance généralisée aux énergies fossiles. La crainte d’un épuisement possible de ces ressources et des problèmes futurs d’approvisionnement, dus à la répartition inégale des gisements  sur la planète devint réelle.

Beaucoup de pays se lancèrent alors dans la recherche tout azimut pour le développement des énergies de rechange, notamment  le solaire.  En France par exemple, l’ADEME (Agence de l’Environnement et de Maitrise de l’énergie) s’appelait au départ COMES (Commissariat de l’énergie solaire). Dans les années 80, ces recherches commencent à porter leurs fruits et on voit apparaitre les premières installations destinées à transformer le rayonnement solaire en énergie.

Dans la foulée, la recherche autour de l’éolien s’affirme, ainsi que la biomasse, énergie tirée de l’exploitation des déchets.  En 1987 avec le rapport Brunland qui met en exergue les impératifs écologiques à venir, ces recherches s’inscrivent aussi dans la lutte contre le réchauffement climatique, les termes d’énergies vertes, de « renewable energy » donc énergie renouvelables rentrent dans le langage.

QU’EST CE QU’UNE ÉNERGIE RENOUVELABLE ?

Une énergie renouvelable est une énergie dont la source n’est pas épuisable, contrairement aux énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon..). Par extension, les énergies renouvelables sont liées aux démarches de préservation de l’environnement et réduction des gaz à  effet de serre. En dehors de la fabrication des éléments permettant de les exploiter et leur traitement en fin de vie, ces énergies ne génèrent théoriquement aucune pollution.  On dispose aujourd’hui de cinq grandes sources d’énergies renouvelables :

  • L’ÉNERGIE HYDRAULIQUE
  • L’ÉNERGIE SOLAIRE
  • L’ÉNERGIE ÉOLIEN
  • L’ÉNERGIE ISSUE DE LA BIOMASSE
  • L’ÉNERGIE ISSUE DE LA GÉOTHERMIE

Toutes ces énergies sont en fait d’origine solaire, puis que c’est le soleil qui est au centre du cycle de l’eau, c’est lui qui crée les latitudes chaudes et froides et génèrent les vents, c’est lui également qui fait pousser les végétaux, fait ruisseler l’eau dans les nappes phréatiques.

Voyons voir brièvement  pour chacune de ces sources d’énergie quelle est la particularité et contexte d’exploitation !

L’HYDRAULIQUE

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L’énergie hydraulique est de loin l’énergie renouvelable la plus utilisée au monde, peut être aussi l’une des plus anciennes. Depuis l’antiquité, on utilise l’énergie hydraulique pour les moulins à eaux, pour les voiliers, les systèmes d’irrigation etc…  Avec l’avènement de l’hydroélectricité au 19e siècle, on s’est mis à exploiter de façon industrielle cette ressource, en transformant la force du courant des cours d’eau en énergie mécanique puis en énergie électrique. En France, la plus grosse centrale hydraulique est celle de Grand-Maison dans les Alpes (1800 Méga watt).  fin 2015, l’hydraulique représentait 10.8% de la production d’électricité en France et 16% dans le monde (2)

AVANTAGES : Faible cout d’exploitation, responsable de très peu d’émission de gaz à effet de serre.

INCONVÉNIENTS : Dans certaines zones du monde, la construction de barrages occasionne d’énormes problèmes sociaux, déplacement de population, confiscation des terres, inondation, modification des écosystèmes notamment pour les centrales construites dans les régions non montagneuses, où il faut construire d’énormes barrages, afin d’augmenter le débit de l’eau (comme tout objet qui prend de la hauteur, l’eau décuple sa vitesse et donc son énergie en chutant).

Voir par exemple les conflits autour des barrages Belo Monte au Brésil et le Barrages des trois gorges en chine.

INNOVATION

En dehors des centrales hydroélectriques, il existe plusieurs autres applications pour exploiter l’énergie de l’eau. On peut citer les hydroliennes, les marémotrices, ou les applications osmotiques. La pointe de l’innovation dans le domaine de l’hydraulique est l’hydrolienne pour rivières comme présenté dans le reportage ci dessous !

LE SOLAIRE

150 millions de Km séparent la terre du soleil, pourtant cet astre est le pourvoyeur de la plus grande partie reçue par la grande bleue. Les applications les plus basiques apparus dans le début des années 80 pour exploiter l’énergie solaire, étaient les capteurs solaires, permettant de capter les rayons du soleil pour chauffer l’eau. Ils font fonctionner les chauffes eau solaires, les monoblocs, pour des habitations comme pour des bâtiments collectifs (hôpitaux, piscines salle de sport…).

Puis on as vu se développer des centrales solaires, d’abord transformant les rayons en chaleur concentrée, puis la chaleur elle-même en énergie électrique via l’action d’une turbine ou d’une génératrice.

Et enfin, l’énergie solaire photovoltaïque, qui s’appuie sur un principe découvert par BECQUEREL en 1839. « L’effet voltaïque » permet la conversion directe du rayon de soleil en électricité.

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Les cellules photovoltaïques qui constituent les panneaux qu’on voit sur les toits, sont faites en silicium pour la plus part (90% des panneaux). Cette matière est relativement abondante, (28% de la croute terrestre) donc peu de risque d’épuisement. On trouve aussi des panneaux photovoltaïques au tellurure de cadmium (Cdte). Matière plus polémique,  le tellurure de cadmium est en fait un déchet toxique de l’industrie du Zinc. C’est donc une façon de le recycler, sans qu’on ne sache encore vraiment les risques pour la santé et l’environnement sur le long terme.

EXPLOITATION : Un Panneau solaire qui fait environs 1×0.5 m, dispose en moyenne de 50 cellules photovoltaïques pour une puissance de 50 WATT, de quoi alimenter deux ampoules par exemple.

L’installation nécessite donc plusieurs panneaux selon le besoin d’énergie, le dispositif de câblage, un onduleur, qui transforme l’énergie continue des cellules en énergie alternative apte à alimenter les appareils domestiques. Éventuellement une batterie, si le système est autonome et ne va pas dans le réseau électrique générale. On a coutume de voir les installations photovoltaïque sur les toits des maisons ou de bâtiments divers ! Mais il existe des centrales électriques photovoltaïques. Les plus grandes se trouvent en Californie, aux USA. En 2014, selon le CNRS, L’énergie solaire représente 0.7% de l’électricité totale consommée dans le monde et 1.6% de l’électricité produite et consommée en France. L’Allemagne est le pays leader dans ce domaine avec 32% de l’électricité photovoltaïque créée dans le monde.

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AVANTAGES : C’est une énergie propre, qui ne génère que très peu de gaz à effets de serre. On estime qu’il faut entre 1.3 et 4.7 années pour qu’une installation photovoltaïque fournisse autant d’énergie qu’il à fallu pour la produire (3). C’est un très bon rapport.  Une centrale au fioul par exemple ne restitue jamais l’énergie qu’elle a couté, puisqu’elle consomme avant, pendant, et après son cycle de vie. L’énergie photovoltaïque est aussi utilisable de façon individuelle, en créant son propre réseau. A la fin des années 2010, elle était encore plus chère que l’énergie fossile, 30 à 40 Centime le Kilowatt/heure (kw/h) au lieu de 20 centimes le Kw/h pour les énergies fossiles (4).

Avec les progrès fulgurants qu’a connus cette technologie, l’énergie solaire est moins chère que jamais et promet de l’être encore. On serait aujourd’hui aux environs de 13 centimes le kw/h (5). Soulignons qu’avec une installation photovoltaïque qui coute environs 1000€/panneau à l’installation, la production peut être injectée au réseau d’EDF, et c’est ce dernier qui vous verse de l’argent en fonction de la quantité d’énergie produite. En à la fin des années 2000, EDF payait jusqu’à 60 centimes le Kw/h(6).

INCONVÉNIENT : On le sait, le soleil ne brille pas tous les jours, et il n’est pas de la même intensité à toute heure et sur l’ensemble du globe. C’est le principal inconvénient de cette énergie. Il faut donc stocker aux heures où la production est forte pour utiliser aux heures où la demande est forte, ou injecter l’énergie crée dans le réseau électrique général. Les centrales électriques photovoltaïques sont très critiquées parce qu’elles dénaturent le paysage et occupent l’espace qui pourrait servir aux cultures (hors désert).

Jusqu’à il y a quelques années, on ne savait pas traiter les panneaux photovoltaïques et les recycler une fois arrivés en fin de vie. C’est désormais une question quasi réglée, grâce au programme  Européenne PV CYCLE.

INNOVATION :

les deux dernières années ont vu aboutir de nombreuses recherches dans le domaine du photovoltaïque! un laboratoire australien à annoncé une cellule photovoltaïque capable de transformer jusqu’à 34% de l’énergie solaire reçue en électricité. on était jusqu’alors aux alentours de 20%.

Solar Impulse l’avion solaire à traversé le globe, Tesla, développe la troisième génération de voiture électriques, mais aussi des panneaux de plus en plus intelligents, produisant électricité et chaleur à la fois.

Mais l’innovation la plus époustouflante en matière d’énergie solaire photovoltaïque est celle des Nanofils présentés dans la vidéo ci dessous !

Pour la suite de ce dossier, l’article suivant abordera les énergies éoliennes, la biomasse et la géothermie avant de faire une synthèse. A très vite pour la suite.

Pour Aller  Plus Loin

(1) – Données issues de l’ouvrage « les énergies renouvelables » de Jaques Vernier

(2) – données site EDF

(3) voir : http://www.photovoltaique.info/Temps-de-retour-energetique

(4) -Données issues de l’ouvrage « les énergies renouvelables » de Jaques Vernier

(5) – voir : Article site PositivR

(6) – Données issues de l’ouvrage « les énergies renouvelables » de Jaques Vernier

Faire ses conserves maison pour 0€

Voilà l’automne qui pointe son nez, l’hiver n’est pas loin. Avec les journées ensoleillées, va s’achever la saison de nombreux fruits et légumes, nous devrons alors soit attendre le printemps et l’été prochain, soit acheter des produits hors saison.

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Pour ceux qui comme l’auteur de ce billet préfèrent consommer des produits de saison, il  faudra prendre son mal en patience, ou trouver une parade pour les fruits et légumes dont on raffole.

Le cas de la Tomate est typique ! Fruit le plus consommé au monde, en légume, salade, assaisonnement, sauce.

Elles sont tellement bonnes, s’accommodent si bien à nos habitudes culinaires qu’on aurait tendance à les croire naturellement disponibles toute l’année et sous toutes les latitudes !

Mais non ! Les tomates ont une saison qui va de Juin-Juillet jusqu’ en Octobre, on peut alors raisonnablement  les manger au maximum 6 mois dans l’année.

Toutes les autres tomates mangées en France en dehors de cette saisonnalité, viennent de très loin, ou sont cultivés en serres. Ce sont des fruits voraces en énergie et en eau, souvent fortement traitées aux pesticides et sans goût.

Ce qui est valable pour les tomates, l’est pour la plus part des fruits et légumes consommés hors saison.

L’une des solutions intermédiaires permettant de consommer par exemple des tomates en  hiver tout en respectant le rythme des saisons, est de faire des conserves.

Cette pratique n’est pas nouvelle, à l’approche de l’hiver, de nombreux foyers achètent des tomates pour faire le traditionnel coulis. Mais cela reste marginal. On tend à céder à la facilité, acheter ses tomates sur le marché pendant toute l’année.

Pourtant, avec un peu d’astuce on peut apporter un réponse au dilemme !

Faire des conserves de tomates pour zéro euro !

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Pour faire des conserves de tomates sans débourser un sou, l’astuce première c’est la récup !

Ci-dessous une liste de matériel à préparer et à récupérer pour vous lancer.

Les Bocaux :

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Difficile de faire des conserves sans bocaux. Il vous arrive de consommer des sauces, des haricots, ou autres plats cuisinés vendues dans des bocaux de verre ? Après les avoir vidés, lavez-les et rangez-les soigneusement dans un coin. Si vous ne consommez pas ce genre d’aliment, demandez dans votre entourage, vous verrez, les bocaux afflueront assez rapidement. Assurez-vous seulement, que chacun d’eux se ferme bien et ne présente aucune fissure.

Si le coté récup ne vous emballe pas franchement, vous pouvez toujours acheter des bocaux dans le commerce. Il s’en trouve de toutes les tailles, du 500 ml au 3litres.

Les tomates !

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Puisqu’il s’agit de faire des conserves de tomates, elles peuvent venir de votre potager ou des marchés.

Le marché est un lieu et une manifestation qu’on trouve quasiment dans toutes les cultures, c’est un événement chaleureux, où on établit un contact  différent avec la nourriture, ceux qui la produisent et/ou  la vendent. Le marché change du  super marché avec ses gondoles froides.

Mais comme dans les grandes surfaces, Il se jette des tonnes de fruits et légumes sur les marchés chaque année.

C’est un  fait, les vendeurs sur les marchés sont plus sensibilisés au gaspillage et ne jette que s’ils jugent que la marchandise ne peut plus se vendre. Cette marchandise n’est pas pour autant impropre à la consommation.

Le marché, en tout cas en France, se trouve être  un sacré lieu de récup, notamment des invendus un peu malmenés par le temps et le transport.

 

Les vendeurs sur les marchés sont aussi plus enclin à donner leur invendus ou les produits qu’ils comptent jeter.

C’est donc sur les marchés qu’il faut aller récupérer les tomates. Soit en demandant directement au marchand, soit en arrivant un peu avant la fin. Quand tout le monde remballe, allez simplement dans les cagettes laissées sur les emplacements.

Ce sont de vraies mines d’or ! Nous avons récupéré en une demi-heure, 7 kg de tomates.

Elles étaient un peu ramollies, certaines avait un petit éclat ou un début de moisissure, mais toutes encore bonne à la consommation, surtout pour faire des conserves. C’est impressionnant de simplicité, pour peu qu’on s’arme d’un minimum de témérité.

Le reste du matériel :

Une fois que vous avez des bocaux et des tomates, vous avez l’essentiel ! Le reste proviendra surement de votre équipement domestique. Vous aurez besoin :

D’une grande casserole, avec un couvercle

Deux serviettes de cuisine, dont une  que vous pourrez couper en plusieurs petits carrés de tissu

De plusieurs litres d’eau

De quelques cuillères d’huile d’olives

Oignons

pincées de Sel

Etape 1

  • Mettez une grande quantité d’eau à bouillir dans la casserole et fermez
  • Plonger y vos bocaux, pour les stériliser
  • Lavez soigneusement vos tomates à l’eau froide, ôtez les parties attaquées par la moisissure
  • Versez ensuite l’eau bouillante sur les tomates pour décoller la peau, attendez quelques minutes.
  • Pellez le tout et découpez en petits dés ou hachez les

 

Etape 2

  • Dans la casserole sur un feu moyen, versez les tomates, l’oignon, un filet d’huile d’olive et le sel
  • Laissez mijoter pendant quinze à vingt minutes en remuant régulièrement
  • Passez enfin à 10 minutes de feu doux.
  • Eteignez le feu, laissez reposer quelques minutes

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Etape 3

  • Remplissez vos bocaux, laissez environs deux centimètres avant le rebord
  • Découpez des petits carrés de tissu dans l’une de vos serviettes
  • Posez en un sur chaque bocal et fermez hermétiquement avec son couvercle

 

Etape 4

  • Au fond de la casserole nettoyée, mettre l’autre serviette pour éviter que le verre casse
  • Disposez vos bocaux remplis et hermétiquement fermés
  • Versez de l’eau à rebord
  • Couvrez et laisser monter à 100°C pour la stérilisation et permettre la conservation
  • Sortez vos bocaux, laissez les refroidir

 

Vos conserves sont prêtes, vous disposez d’au moins un an pour les consommer !

Cette façon de procéder ne vous aura presque rien coûté, si ce n’est quelques ingrédients que vous avez surement à la maison, et un peu d’huile de coude !

De plus, vous aurez contribué à réduire le gaspillage alimentaire à votre niveau.

Pour les petits budgets comme les étudiants ou les jeunes actifs, c’est une solution économique non négligeable.

Bonne dégustation !

Pour Aller plus loin :

Un article sur la loi gaspillage alimentaire. 

Récup et dégustation 

ET SI ON LIBÉRAIT LE TRAVAIL !

Est  il possible de venir à bout du chômage ? Le fameux « plein emploi » est-il encore à notre portée ? Malgré les dispositions envisagées et prises par les gouvernants pour vaincre ce qui à en croire les débats est le mal du siècle, la quête parait de plus en plus  vaine,

tableau René Herrison, verrerie de claude boucher

tableau René Herrison, verrerie de claude boucher

Au mois de mars 2016 nous comptions en France 10% chômeurs, selon Eurostat Soit environs trois millions de chômeurs sur une population active d’environ 30 millions de personnes.

Comment sortir trois millions de personnes de la précarité du chômage et booster l’économie du pays ?

Car on l’a assez dit, des chômeurs, c’est des allocations chômages versées, et plus il y en a, moins ceux qui cotisent, c’est-à-dire ceux qui ont un emploi, peuvent supporter le coût.

Ce principe de solidarité qui veut que chaque travailleur  mette  dans un pot commun pour prévenir les périodes sans emploi de tous, fait partie des joyaux de ce qu’on appelle le modèle social Français. Son coté pervers c’est qu’à force de s’entendre dire que les chômeurs vivent aux frais de ceux qui travaillent, on finit par trouver ces derniers suspects, voir faignants.

L’impression qu’une partie importante ne se donne pas les moyens de trouver un emploi, que les entreprises ne sont pas aidées pour en créer bref, il faudrait  Lâcher du lest pour les entreprises, serrer la vis pour les chômeurs, et tout ira mieux n’est-ce pas ?

Les choses nous semblent moins évidentes quand on y regarde de plus près ; Force est de constater que l’époque du plein emploi est bien révolue,

LES RAISONS DE LA GALÈRE !

La forge : Adolf Friedrich Erdmann Von Menzel

La forge : Adolf Friedrich Erdmann Von Menzel

Nous en sommes tous témoins, avec  l’informatisation et l’automatisation  le travail a cessé  d’être la principale force productive. C’est-à-dire que globalement, dans un produit, il y a de moins en moins de temps passé par un humain pour le réaliser.  Des taches jadis réalisées par des êtres humains sont faite aujourd’hui par des logiciels ou des robots, mieux et moins chers, plus rapidement. Autant dire qu’on ne reviendra pas en arrière.

De plus, il est rare, voire impossible de trouver une entreprise aujourd’hui qui ne fasse pas de l’optimisation, de la rationalisation, de la réduction de coûts, du lean management, du gain de productivité et j’en passe.

Toutes ces techniques, et concepts de managements qui visent à produire le plus  et mieux avec le moins de ressources possibles, sont devenus avec le temps des moyens de supprimer de l’emploi et/ou dégager des bénéfices en un temps record. Chaque victoire obtenue par ces concepts représente des euros ou des dollars  économisés et souvent, des emplois supprimés.

Les entreprises sont obligées d’adopter ces pratiques, car il faut conquérir toujours plus de part de marché, les arracher à la concurrence, qui  fait de même de son coté, avec les mêmes armes et les mêmes outils.

Il faut donc aller toujours plus loin, scruter la chaîne de valeur de l’entreprise, trouver les économies à faire.

photo : humainenraciné.fr

photo : humainenraciné.fr

Nous vivons donc  dans un système qui mécaniquement  génère de la précarité et du chômage. Tout se passe comme si l’emploi lui-même était voué à disparaître. On estime qu’il ne représente plus que 15% du coût total de production.  Les entreprises investissent des sommes colossales dans les équipements techniques qui devenant plus sophistiqués et plus efficaces sont devenus aussi plus chers.

Ce qui explique qu’à la sortie, le partage des fruits du travail c’est-à-dire les bénéfices, soient plus avantageux pour ceux qui ont contribués à acheter les équipements (actionnaires) que ceux qui y ont mis leur main d’œuvre (salariés).

Cette répartition inégale s’explique aussi du fait que, dans le postfordismeère dans laquelle nous sommes rentrés depuis les années 70, les investisseurs sont issues de la finance internationale, grosses banques d’investissements et  autres business angels.

Ces derniers sont dans une autre dynamique que l’entrepreneur de la bourgeoisie locale ou de la banque coopérative de jadis.  Ils sont dans une logique de profit à court termes, voir à très  court termes, ce qui accélère et pervertit le besoin de rationalisation, d’optimisation, et de coupes franches dans les entreprises. Il faut que ça rapporte gros, en peu de temps.

Tout s’accélère donc, et comme tout bolide lancé à vive allure, ce système-là, ne supporte aucun obstacle. C’est pourquoi les états sont priés de réformer, d’enlever tous les gardes fous, tous les feux tricolores, d’avoir le moins de règle possible  à respecter.

Sauf qu’il n’y as pas de ralentissement,  ni même d’arrêt. C’est voué à s’accélérer encore plus, c’est le propre du système capitaliste ultra libéral, il n’y a pas de seuil où on se satisfasse et ou on considère qu’on peut se stabiliser. Chaque gain de productivité doit appeler d’autres gains de productivité,  les objectifs de bénéfices, une fois atteints, sont déjà un  vieux souvenir !  Le lendemain il faut faire le double…

AUGMENTER LE TEMPS DE TRAVAIL !

Nous l’avons vu, le système productif évolue vers un besoin de plus en plus réduit de main d’œuvre et on entend beaucoup de gens dire qu’il y a du chômage parce que nous ne travaillons pas assez et pas assez longtemps.

Mais Comment dans un système qui demande de moins en moins de travail veut on travailler plus ?

Certains pays pourtant, se portent bien mieux que la France en travaillant nettement moins, et réfléchissent à réduire encore  le temps de travail pour créer de l’emploi et améliorer la productivité. Voir le cas de la suède

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POURTANT D’AUTRES PAYS ON PU ATTEINDRE LE QUASI PLEIN EMPLOI !

L’Allemagne, les USA ont des taux de chômage aux alentours de de 4% n’est-ce pas une preuve qu’avec les réformes libérales on peut faire mieux ?

Avec des réformes libérales nous pourrons atteindre des taux de chômages plus bas, c’est sûr !

Mais la baisse du chômage en Allemagne as mis plus de personnes au travail tous en créant plus de précarité. Un rapport de 2015 le montre avec des chiffres étonnants ! L’Allemagne comptait en 2015, dix fois plus de pauvres que la France, pourtant le chômage y est inférieur de moitié.  La faute aux renoncements que leur a  coûté les réformes pour atteindre 4% de chômages,  avec par exemple des contrats à 1€ de l’heure.

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Les états unis quant à eux ont misé à la fin des années 2000 sur le pétrole de schiste pour sortir de la crise. Exploiter les gisements de pétroles par la fracturation hydraulique avec les risques que cela représente, tout en continuant la politique d’endettement infinie qui consiste à faire tourner la planche à billet.  Voilà la formule qui permet aux états unie de maintenir le chômage en dessous de 5%.

Faut-il encore rappeler que les états unis sont ceux qui sont allé le plus loin dans le renoncement à un  système social digne de ce nom ?  Tout ou presque  des services qui font généralement partie des missions régaliennes de l’état y sont privatisés ou réduit à leur strict minimum. De la santé,  à la distribution de l’eau et de   l’énergie.  Ce qui fait que les US,  toute première puissance du monde qu’elle est,  nous renvoi régulièrement des images de pays du tiers monde.

Souvenez-vous de la ville de FLINT dans  le Michigan qui a  manqué d’eau potable  pendant des semaines parce que la collectivité avait fait le choix de pomper l’eau dans une rivière locale gorgée de plomb, pour faire des économies.  Souvenez-vous aussi des tensions communautaires qui ont lieu dans ce pays, qu’on peut sans problèmes lier à la précarité économique et sociale, voyez des villes qui lorsqu’elles ne font pas parties des centres de concentration de l’activité économiques, peuvent atteindre 40% de chômeurs.

photo : san diego free press

photo : san diego free press

TRAVAILLER POURQUOI ? PRODUIRE POUR QUEL BESOIN ?

Il se trouve que pour alimenter une machine qui va à une allure folle, on est obligé de faire des choses folles et vides de sens.  Parce que l’objectif principal est de produire et consommer, les actions prises sont moins de donner aux gens un emploi décent, intéressant voir intelligible, que faire d’eux des travailleurs-consommateurs. Un peu comme si l’idéal de la démarche consiste à passer le plus claire de son temps à occuper un emploi quel qu’il soit, et l’autre partie à dépenser les revenus de cet emploi.

Dans cette logique, si nous  ne produisons pas à outrance et sans aucune contrainte, nous n’aurons pas le plein emploi. Si nous ne consommons pas à outrance, ce que nous produisons ne trouvera pas de débouchés. Voilà le piège dans lequel nous sommes pris.

C’est pourquoi la production et la consommation n’as plus aucun lien avec nos vraies besoins. 

C’est pourquoi nous épuisons les ressources naturelles, polluons largement plus que nécessaire et construisons notre prospérité sur la misère de l’autre.

Image territoiredavenir.fr

Image territoiredavenir.fr

PROGRÈS ECONOMIQUE CONTRE PROGRÈS HUMAIN ?

Au final, on peut se demander à quoi sert le progrès économique s’il ne sert pas le progrès humain.

Si en 2016, tous les progrès techniques que nous accumulons, toutes les innovations et les retombés économiques que génèrent l’activité des humain, ne servent pas  à vivre mieux, moins pauvres, dans les meilleurs conditions, nous permettant d’explorer le plus de facette de nos vies, de donner une vraie place à l’accomplissement personnel, à quoi ça sert ?

L’économie à-t-elle encore un sens ?

Puisque la logique est seulement d’aller toujours plus loin toujours plus vite et gagner toujours plus gros.

Souvenons-nous que l’économie est cet « art magnifique dont la raison d’être est de gérer et de réguler les échanges et la répartition des ressources avec le minimum de dissipations et pour le bien de tous »(1), nous en sommes loin.

LIBÉRER LE TRAVAIL DE LA DICTATURE DE L’EMPLOI (2)

C’est sûr, l’emploi à tout prix serre toujours plus l’étau  du cercle vicieux dans lequel nous sommes rentrés,  surtout si c’est au prix d’acquis sociaux durement acquis,  de garde-fou législatif permettant une certaine préservation de la dignité des humains qui font tourner l’économie,  de la dégradation de l’environnement et l’épuisement des ressources.

Quand bien même nous acceptions toujours moins de réglementation et toujours plus de flexibilités, comme c’est tout le temps demandé,  Il est fort probable qu’un système qui ne se satisfait jamais de ce qu’il a ne se satisfasse jamais des réformes et des concessions qu’on lui accorde.

Peut-être est-il temps de reconsidérer la question du travail dans nos sociétés, travaillons nous pour vivre mieux, ou vivions nous pour travailler ?

Les docks de Cardiff, Lionel Walden

Les docks de Cardiff, Lionel Walden

Et si l’une des alternatives était de mieux organiser le travail qui reste, pour que le plus grand nombre en ai un décent et intéressant avec un rémunération digne ?

Avoir un emploi rémunéré est-ce la seule façon de travailler ou de se rendre utiles à la communauté ?

Si beaucoup d’entre nous s’accomplissent réellement  dans l’emploi qu’ils occupent et y voient la meilleure façon d’habiter le monde, beaucoup plus encore n’y trouvent pas le moyen de s’accomplir humainement, d’où l’importance que l’emploi laisse le temps de mener d’autres vies par ailleurs.

Nous avons besoin de temps et de sérénité pour porter des Projets associatifs, sportifs, artistiques, familiaux, spirituels, initiatiques, politiques, affectifs, etc…  Cela si besoin, à côté du temps que nous vendons pour avoir de quoi subvenir à nos besoins. Ces projets sont aussi importants pour une société en bonne santé que le plus gros des PIB.

Ces projets représentent du travail, beaucoup de travail, des heures d’entrainement, de répétitions, de don de soi, d’implication, de conviction échafaudée et affirmées, de chemin parcouru, d’amour donné et reçu, qui n’est pas comptabilisé dans la richesse tel qu’elle est envisagée aujourd’hui.

Le plein emploi est alors loin d’être le garant du plein bien être, ou encore du plein bonheur !

ADAM SMITH : le travail est la substance commune à toutes les marchandises, une substance quantifiable et mesurable dont la qualité cristallisée dans le produit détermine sa valeur.

HEGEL : Le travail est la façon par laquelle les hommes (les êtres humains) inscrivent leur esprits dans la matière et par la même occasion transforment et produisent le monde.

Puissions-nous trouver un  compromis juste entre ces deux visions, et libérer le travail de la dictature de l’emploi.

Pour Aller Plus Loin :

Pour préparer cet article, nous avons beaucoup puisé dans le travail de André Gorz, Ivan Illich et Pierre Rabhi.

Lire :

Métamorphose du travail -Andre Gorz -Filio-1988

Travail Fazntôme-Ivan Illich-seuil-1981

Vers la sobriété heureuse-Pierre Rabhi-2010

1- définition de l’économie issue du livre « vers la sobriété heureuse de pierre Rabhi »

2- formule de Frithjof bergmann- philosophe américain des années 50/60 qui a longtemps travaillé sur la question du travail

  • Les définitions du travail par Adam Smith et Hegel sont issues du Livre « ecologica » d’André Gorz, page 135.

 

 

 

Travailler en SCOP : Cas du Court-Circuit Bar/Resto à Lyon

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Avez-vous déjà entendu parler des  entreprises sous statut SCOP ? Si oui avez-vous déjà pensé à travailler dans une telle structure ?  quoi qu’il en soit,  nous allons à la découverte  d’un cas concret, une entreprise sous le statut SCOP qui a bien voulu nous  ouvrir ses portes et nous raconter son quotidien, le restaurant bar COURT CIRCUIT A LYON.

SCOP KEZAKO ?

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Une SCOP est une Société Coopérative et Participative.  Concrètement c’est une entreprise, dont le but est de faire du profit comme les autres, mais dont la gestion se mène de façon démocratique (un salarié, une voie), où les revenus dégagés sont prioritairement affectés à la pérennité des emplois et de l’entreprise elle-même.

Juridiquement, le statut SCOP est  une société dont les salariés sont actionnaires majoritaires.

Il existe sous la même forme, les SCIC société coopérative à intérêt collectif.

PETITE HISTOIRE DE LA COOPÉRATION

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, l’idée d’une entreprise ou les salariés sont les principaux actionnaires, ou les décisions sont prises à l’unanimité et où toute l’activité a pour but principal de préserver les employés et l’entreprise, ne date pas d’hier.

On trouve l’origine de la coopération au moyen âge déjà, dans les guildes, les compagnonnages, et autres confréries professionnelles. Mais l’idée des sociétés coopératives telles qu’on les conçoit aujourd’hui apparait avec l’industrialisation et l’apparition du syndicalisme au 19e siècle.

Comme souvent, c’est dans les années de crises que l’idée chemine et se perfectionne.

Dans les années 70 avec les nombreuses  fermetures d’usines et  dépôts de bilans qui secouent la France,  la société LIP, mène en 1973 l’une des premières expériences SCOP largement médiatisée.

Depuis, d’autres projets ont vu le jour bien sûr, et les SCOP s’affirment comme un des moyens de donner un autre sens au travail et à l’entreprise.

RESTAURANT /BAR COURT-CIRCUIT, EXEMPLE DE SCOP A LYON

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Pour sortir un peu de la théorie, nous avons voulu avoir une idée concrète de ce qu’est le travail dans une SCOP au quotidien. Le restaurant bar  court-circuit à bien voulu nous ouvrir ses portes et répondre à nos questions.

Le projet d’entreprise à vue le jour en 2010, à l’initiative de quatre personnes, qui avaient l’idée de dynamiser la vie de quartier par l’activité économique, avec une volonté dès le départ d’opter pour l’autogestion, donc le statut SCOP.

C’est un établissement situé au 13 rue Jangot  Lyon 7e  dans le quartier Guillotière, qui sert des repas le midi et le soir,  fait débit de boisson en continu, entre 9h et 1h du matin, du lundi au vendredi, et le samedi de 14h à 1h. C’est aussi un lieu de socialisation pour les habitants du quartier, concerts et expositions y sont régulièrement programmés.

Aujourd’hui, l’établissement compte 11 salariés, rien de notable lorsqu’on y arrive, on est dans un bar –restaurant comme les autres, le barman est occupé à servir des verres aux clients qui font la queue, un cuisinier s’affaire à la cuisine et une serveuse  gère la salle.

C’est Félix, un des salariés qui nous accueille il fait partie de la commission coopération qui gère les relations extérieurs du Court-Circuit.

LE STATUT SCOP PEUT PRENDRE DIVERS VISAGES

Felix sent notre enthousiasme, pour ne pas généraliser, il préfère donner quelques précisions :

« Soyons claires, SCOP c’est d’abord un statut d’entreprise, certes  selon la loi, les salariés doivent être actionnaires majoritaires et statutairement, si l’entreprise fait des bénéfices, alors 50% sont automatiquement mis en réserve pour assurer sa pérennité.
Mais il n’y as pas d’exigence légale en matière de distribution des  50%  restant. Rien n’empêche de faire une entreprise ou 3 personnes sur cent sont actionnaires majoritaires, ou on achète en chine des produit faits dans des conditions très douteuses très peu chers,  pour les vendre une fortune en France »

En effet, le statut SCOP est une base qui permet d’orienter globalement l’organisation et la gestion d’une entreprise à visée participative, mais une grande place est laissée aux administrateurs pour aller plus ou moins loin dans cet engagement.  Le mode de fonctionnement peut donc varier selon les SCOP,  notamment par la répartition des pouvoirs et des ressources,  qui peut modifier grandement le caractère collectiviste des entreprises même si elles sont sous le même statut.

QUI SONT LES SALARIES DU COURT CIRCUIT ?

vous avez dit SCOP

La question est alors de savoir quel est le profil des salariés de l’entreprise et la motivation qui les incitent à se tourner vers un emploi dans une entreprise coopérative et comment ils sont recrutés.

« Les profils sont très divers,  il y a des gens qui sont venu à la SCOP en connaissance de cause, d’autres seulement parce qu’ils cherchaient un emploi. Quand on ouvre un poste, on a énormément de candidatures, et on privilégie les profils de personnes qui ont déjà travaillé  dans des entreprises  traditionnelles, qui sauront percevoir la différence concrète entre  SCOP et entreprise classique.

Felix à un profil atypique, ingénieur de formation, titulaire d’un Master en sciences politiques, il a travaillé au ministère de l’écologie.  Goûter à  la rigidité et la hiérarchie pyramidale des grosses machines que peuvent être ces structures, l’as convaincu de se tourner vers un emploi en SCOP.

« Pour moi c’est vraiment une autre façon de travailler, c’est très horizontal comme fonctionnement, il n’y a pas d’hiérarchie, ça donne une sacrée capacité à mettre en œuvre les choses.  Puis c’est un acte politique aussi, une autre façon de faire de l’économie »

COMMENT CA FONCTIONNE AU QUOTIDIEN ?

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Le COURT-CIRCUIT on l’aura compris ne se limite pas au statut SCOP,  une charte interne vient compléter le statut et exige qu’à termes chaque salarié devienne actionnaire.

Refuser de devenir actionnaire peut être un motif de licenciement,  des 11 salariés actuellement employés par l’entreprise,  seul trois ne sont pas encore actionnaires, parce qu’ils sont arrivés récemment.

à l »exception de métiers qui nécessitent des compétences très spécifiques comme celui de cuisinier ou comptable, l’ensemble des salariés est  à la même enseigne, embauché comme employés polyvalents.

L’entreprise finance 2h de réunion d’équipe par semaine, soit 22h au total. C’est un vrai parti pris, car c’est plus d’un mi-temps qui n’est pas directement productif, consacré au bon fonctionnement et à l’organisation saine du planning,  du développement de l’activité et du débat démocratique lié à la gouvernance.

Chaque salarié a aussi une partie de son temps de travail hebdomadaire (entre 4h et 6h) qui n’est pas du service ou de la cuisine et qui est consacré aux autres aspects de gestion de l’entreprise (achats, ressources humaines, programmation, relations avec les partenaires…). Deux cogérants sont élus pour représenter juridiquement l’entreprise, pour une durée de quatre ans.

« Tout est transparent, dit Félix, je peux aller voir  sur un espace virtuel tous les documents de l’entreprise, les fiches formations, les fiches de paye, les documents comptables, les rapports d’assemblée générale, après on ne peut pas s’investir à fond dans tous, et puis il ne faut pas qu’une personne soit irremplaçable.  On a des commissions, je fais partie de la commission coopération, et je suis payé par exemple à parler avec vous en ce moment, ça permet de faire un travail autre que servir des bières ou des repas, des taches un peu plus intellectuelles »

Les produits, que ce soit les boissons ou les aliments vendues, sont approvisionnés en circuit court, chez des producteur locaux, avec une certaines charte éthique sur les rapports qui lient l’entreprise à ses fournisseurs ce qui la aussi est un engagement supplémentaire par rapport au statut SCOP.

«Nous on veut payer correctement nos fournisseurs, ne pas faire pression sur leurs prix, parce qu’ils font de bons produits avec des démarches vertueuses (bio, local artisanal). On paie leurs produits au prix juste parce que ce sont des produits de qualité, et ce n’est pas forcément plus cher que d’aller chez métro. On veut aussi que les prix de vente restent abordables pour ne pas devenir un établissement de luxe et rester accessible à tous. Et on souhaite aussi se payer correctement, nous les salariés, en payant toutes les heures travaillées, notamment les heures supplémentaires (on est à 35h semaine) ce qui est rare dans le secteur de la restauration. C’est un peu « le triptyque du COURT CIRCUIT » »
»

LA SANTE DE L’ENTREPRISE

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Des quatre fondateurs à l’origine du COURT CIRCUIT, il ne reste plus qu’une personne, qui ne fait pas de service, mais s’occupe de la comptabilité. Tout le reste de l’équipe est là depuis moins de trois ans.

L’entreprise se porte bien, son chiffre d’affaire est croissant chaque année depuis sa création, elle dégage même un peu de bénéfice. La SCOP reste une entreprise qui doit créer de la richesse et payer des salaires, les coactionnaires du COURT CIRCUIT en sont bien conscients.

La réussite du projet et les envies des uns et des autres, a permis à des salariés de quitter le Court-Circuit et de monter une autre entreprise en SCOP à Villeurbanne, un bar restaurant qui s’appelle le Bieristan. Les deux établissements sont indépendants, emploient aujourd’hui 25 salariés en tout, et sont en bonne santé économique.

« La priorité pour nous est de payer des salaires, de maintenir la structure à flot, nous avons décidé unanimement de réinvestir les bénéfices dans l’entreprise, il peut arriver qu’il y ai distribution mais c’est négligeable au vu du travail accompli. Les actionnaires qui ne sont pas salariés, c’est-à-dire des personnes qui ont injecté de l’argent dans le projet à ses débuts, ne reçoivent pas de dividendes, ils sont remboursés tout simplement, c’était décidé comme ça à la base ».

LE DROIT DU TRAVAIL, LA FISCALITÉ ET LA REPRÉSENTATIVITÉ SYNDICALE

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Dans un contexte de travail ou la coopération est le maître mot, ou les employés sont aussi des entrepreneurs, on se demande le rapport qui se crée avec le droit du travail. Félix nous répond avec ses deux casquettes :

« Fiscalement il n’y a pas vraiment de différence, entre une SCOP et une SARL, la seule notable est que si on atteint un certain niveau de réserve d’argent, on ne paye pas d’impôt sur les sociétés. Mais en tant que salarié et entrepreneur, je me sens à l’aise avec le code du travail et les 35h ; je suis protégé en tant que salarié et je n’ai pas l’impression d’être handicapé en tant que entrepreneur ou actionnaire. On va être limité plus par la réglementation et les normes qui sont très strictes dans notre métier d’accueil et de restauration (délimitation de la terrasse, réglementation sur le bruit, heures de fermeture, affichage réglementaire…), et qui vont parfois appliquer à une petite structure comme la nôtre des normes qui ne correspondent pas toujours à l’activité, et là ça peut être contraignant.

Quant à la représentativité syndicale, on as pas atteint les effectif pour y être soumis mais rien ne l’empêche Comme on est dans un cadre particulier, sans patron et sans subalternes, les rapports de pouvoir ne sont pas les mêmes que dans une entreprise classique. Cependant, le statut de SCOP n’empêche pas de façon magique le mal être au travail, ou les relations parfois tendues dans un collectif de 11 personnes… On fait très attention à ça et à nos conditions de travail avec des temps d’échange collectifs ou individuels entre salariés et/ou avec les gérants »

LES PROJETS A VENIR /DÉVELOPPEMENT

« Sur la question du développement, l’idée jusqu’ici était d’optimiser au maximum l’exploitation du lieu, notamment en augmentant le nombre de clients. Aujourd’hui on arrive au bout de cette logique, parce qu’on est plein tout le temps, on est plus sur une réflexion de diversification. Par exemple il y a deux ans on a lancé les burgers végétariens pendant le service du soir, ça a permis de rajouter des heures de travail, et d’augmenter l’activité, mais on reste à taille humaine, on ne veut pas travailler le dimanche par exemple, même si beaucoup de clients voudraient qu’on ouvre pour faire un brunch le matin ».

LE STATUT SCOP, UN OUTIL MODULABLE.

On adopte le statut SCOP pour entreprendre et travailler autrement, mais le statut n’est pas tout, la volonté et les motivations des hommes et des femmes qui font l’entreprise est ce qui définit clairement l’identité de la structure.  C’est en tout cas un des principaux moyens pour libérer le travail salarié, donner l’opportunité à chacun d’avoir des taches intéressantes, variées et de se sentir appartenir à une aventure, être maître de son destin.

POUR ALLER PLUS LOIN

http://www.le-court-circuit.fr/

http://www.bieristan.fr/

Mythe et réalité autour de la Scop

Le statut SCOP en question 

 

Une Ressourcerie Solidaire A Lyon !

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Le samedi 12 Mars 2016, nous sommes allés rendre visite à  la ressourcerie « le petit souk » orchestrée par l’association solidarité Afrique.

L’occasion d’y faire un tour pour comprendre la démarche du projet et ses aspirations.

Mais d’abord, nous pouvons faire quelques petites précisions et revenir sur l’idée de ressourcerie.

QU’EST CE QU’UNE RESSOURCERIE ?

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Une ressourcerie est une structure  de récupération, de valorisation, de revente  d’objet en tout genre.   Elles font aussi de la  formation et de la sensibilisation à l’environnement.

Les ressourceries s’inscrivent dans la démarche 3R (Réduction, Ré emploi, Recyclage)  qui est une stratégie de gestion des produits en fin de vie.

Il s’agit donc à chaque fois d’opter pour une des trois solutions face aux objets donnés par le public :

  • Trouver une nouvelle vie à l’objet par la mise à la de vente à bas prix directement, ou après restauration.
  • Orienter le produit vers une filière  de recyclage propre, ou le transformer pour une nouvelle utilisation parfois différente de sa vocation première.
  • Réduire la quantité de déchets à mettre à la décharge, (le meilleur déchet reste celui que l’on ne crée pas).

PRÉSENTATION DE L’ASSOCIATION SOLIDARITÉ AFRIQUE

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Le petit souk est donc la toute première ressourcerie de l’agglomération lyonnaise, développé par l’association solidarité Afrique, ouverte depuis novembre 2015.

En ce samedi, c’est Lucie, une des salariés de l’association qui tient la boutique, bricole et accueille les personnes qui déambulent dans les rayons.

« C’est une association qui a été créé en 1992 par des éducateurs de rue lyonnais, avec pour objectif de sensibiliser les jeunes à la solidarité internationale, essentiellement en Afrique de l’ouest ». nous dit-elle.

Après  entre autre un orphelinat, une MJC  dans ces pays,  s’est posée la question de la solidarité locale.

C’est alors qu’a été pensé le  projet « solidaboost », qui consiste à accompagner des jeunes de 16 à 25 ans en difficulté orienté par les éducateurs et autres travailleurs sociaux. dans un parcours de raccrochage scolaire ou professionnel.

« On les accueillent pour une période de trois mois,  l’objectif c’est de les remobiliser, qu’ils reprennent gout à l’activité, reprendre un rythme, travailler avec les autres et réfléchir à leur projet. On essaye de faire en sorte qu’ils soient à fond dans la débrouille, puis on réfléchit  avec les éducateurs sur la suite du parcours »  renchérit Lucie.

RESSOURCERIE LE PETIT SOUK

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L’objectif de la ressourcerie le petit souk dans la démarche de l’association solidarité Afrique est d’impliquer les jeunes du projet « solidaboost » dans l’action locale, par la reprise d’activité et la sensibilisation aux problématiques de l’éco-citoyenneté.

La ressourcerie dispose de plusieurs rayons, notamment, la librairie, la friperie, l’électroménager, les meubles  et un petit parc à vélo.

Tous ces articles viennent de dons des citoyens, ils sont réhabilités nettoyés, et mis à la vente à des prix très abordables.

Nous avons demandé à Lucie ce qui a motivé l’ouverture de la ressourcerie au grand public.

« A l’origine du projet, la ressourcerie était destinée au public du resto du cœur qui est juste à côté, les mardis ils viennent chercher des colis alimentaires, et passent par la ressourcerie regarder ce dont ils peuvent avoir besoin. Nous nous sommes rendus compte que d’autres personnes s’intéressaient à la ressourcerie, d’où l’idée de l’ouvrir à un public plus large »

Les revenus tirés de la ressourcerie vont principalement servir à assurer :

Le soutien aux projets des jeunes par la vente de friperie (permis de conduire, frais de scolarité etc…)

L’achat de littérature Africaine pour la MJC construite au Burkina Faso par l’association grâce à la vente de livres de la ressourcerie.

La vie et le maintien de l’activité de la structure grâce à la vente de l’électroménager, de meubles et autres

LES BESOINS DE LA RESSOURCERIE

La resssourcerie est un projet collaboratif par définition puis qu’elle compte sur les dons d’objets  pour maintenir son activité. Son premier besoin est donc que les citoyens se saisissent de cet outil pour contribuer à renforcer le lien social, en venant y déposer les objets fonctionnels dont il souhaitent se débarrasser. L’association propose également un service d’enlèvement de meubles ou appareil volumineux.

Elle a également besoin de clients, qui viennent satisfaire leur besoins en achetant les objets en vente, et de compétences techniques, pour réparer et remettre d’aplomb les différents objets qui arrivent.

LES PROJETS

Le petit souk envisage de mettre en place un repair cafe, et invite tous les volontaires intéressé  par ce projet à prendre contact avec l’association.

CONTACTER /SE RENDRE A LA RESSOURCERIE

13 bis, rue Girié
69003 Lyon 3ème – France

Tél. : (33) 4 78 18 49 15 

E-mail : solidafrique@gmail.com

Ouverture tous les mardis et mercredis  de 9h à 12h et de  14h à 16h30 et tous les deuxièmes samedi du mois de 10h à 18h

Page Facebook de l’association : Solidarité Afrique Lyon

Souhaitons de beaux jours au Petit Souk !

Finance Verte : Au Secours ! Wall Street Veut Sauver La Planète !

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Imaginez que l’état Français ne dispose plus de moyens financiers pour préserver la beauté et la biodiversité  du parc du Morvan, celui du Mercantour, ou encore le bassin d’Arcachon.

L’état, déjà endetté et faisant face à une baisse des recettes par l’impôt, confie la gestion de ces beaux lieux  à une entreprise X.

Si X entretient et  fait prospérer  la faune et la flore au-delà d’un certain seuil, l’état lui verse de l’argent. Si c’est l’inverse, c’est l’entreprise X en question qui verse de l’argent à l’état pour réparer les dégâts.

Jusque-là, on se dit qu’on peut en discuter. Imaginez maintenant que  l’entreprise X vous propose d’investir un peu de vos économies dans le projet.  Elle fait cela pour  lever des fonds qui vont lui permettre de prendre soins des parcs. Quand elle aura atteint le seuil qu’il faut pour être rémunéré par l’état, elle partagera la prime  reçus avec vous.

Mais si elle ne parvient pas à atteindre le seuil, vous perdez votre mise.

Ceci est un exemple de ce que la finance appelle aujourd’hui  «  investissement vert ».

L’entreprise X est une société financière (banque, assurance…) vous être un actionnaire, et vos économies  ont contribué à acheter des actions.

Ce sont les mécanismes comme ceux-là que les marchés financiers mettent en place pour protéger l’environnement.

LE MODEL DE LA FINANCE VERTE

Nous avons analysé dans un article sur lebilletdd les différents courants qu’on trouve dans le débat écologique aujourd’hui.

La croissance verte 

La décroissance

La Post croissance

La finance verte s’inscrit dans le premier raisonnement, qui  se développe sur l’idée que nous pouvons continuer à faire croitre nos économies comme nous l’avons toujours fait, en mettant simplement en place des mécanismes pour permettre la limitation du réchauffement climatique.

Partant du principe que les états vont être de plus en plus en difficulté face aux problèmes environnementaux, du fait également que les pays à l’échelle mondiale n’arrivent pas à s’entendre sur des règles communes pour limiter le réchauffement climatique (fiasco du sommet de Copenhague),  les marchés financiers estiment qu’il faut donner une valeur monétaire à chaque élément constituant la nature, en faire un marché lucratif, afin qu’il y ai une contrepartie au fait de  se soucier de la protection de l’environnement .

ECOLO OUI MAIS IL FAUT QUE CA RAPPORTE !

nature et argent

Depuis l’explosion de la bulle immobilière aux états unis, les détenteurs de capitaux sur les marchés financiers cherchent activement de nouveaux placements lucratifs à faire, le temps que le grand chambardement occasionné par la bulle immobilière se tasse.

Ils ont alors jeté leur dévolu sur la nature, arguant que si nous estimions le volume de chaque service que nous rend la nature, nous pourrons alors évaluer ce que vaut chacun de ces services, les quantifier et les certifier comme « services environnementaux ».

A partir de là, chacun de nous pourra acheter une part de ce service. C’est ainsi que le secteur privé tout entier, entreprises, fonds de pensions, individus, pourra financer par exemple le reboisement d’une forêt en Afrique, et l’activité économique générée par ce reboisement permettra de rémunérer les acteurs qui ont financé le projet.

Le hic c’est que La menace  que représente la généralisation de ces systèmes de financiarisation de la nature est déjà en œuvre.  En Ouganda par exemple, un projet de ce type à occasionné l’expulsion de millier de paysans qui cultivaient les sols ou le projet de reforestation avait été implanté.

On a du mal à comprendre la démarche vertueuse, si  protéger la nature consiste à mettre des vies humaines en péril, on est plus dans l’écologie, dont l’objet est de maintenir un bien être humain sur la planète.

UN PRECEDENT

Ce n’est pas la première fois que les marchés financiers s’invitent dans le débat sur les moyens de répondre à l’impératif écologique qui s’impose à l’humanité.

L’autre initiative de ce genre est le système d’échange de quota d’émission(SEQE).  Un système mit en place par l’union Européenne en 2005;  à  la base destiné à limiter la quantité de CO2 que peut emmètre une entreprise dans l’atmosphère.

Avec cette limitation, il y avait la possibilité d’acheter des droits à polluer à une entreprise qui n’avait pas atteint son quota. Le résultat 10 ans après est déplorable, les entreprises n’ont pas diminué leur taux de pollution, elles ont transformé le système SEQE en marché financier, ou on s’échange des droits à polluer, on achète des parts sans en avoir forcément besoin, on attend que les prix soient à la hausse pour les revendre bref,  c’est devenu un marché spéculatif comme un autre.

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PEUT-ON CONFIER LA BREBI AU LOUP ?

Sur le papier, on peut effectivement trouver du bon sens dans le fait de donner un prix à la biodiversité, cela pour pouvoir dresser une facture en bonne et due forme à ceux qui la détruisent.

On peut imaginer une finance éthique, qui sur la base d’une valeur donnée à un cours d’eau, va pouvoir imposer une contribution à une entreprise ou tout organisme qui pollue le dit cours d’eau, et ainsi éviter les dégâts que peut causer l’activité ou les réparer.

Les états se désengagent de plus en plus, alors oui, il faut trouver des  moyens complémentaires pour financer la protection de la nature.

Mais avons-nous besoin d’en faire un instrument de rentabilité financière  avec tout ce que cela implique ?

Et est-ce que les marchés financiers sont bien placés pour faire ce travail ?

Nous parlons de banques et autres établissements financiers dont la seule raison d’être est de faire de l’argent avec de l’argent,  des institutions qui ont maintes fois  prouvé que l’éthique et l’intérêt collectif ne font pas partie de leurs principales préoccupations.

Avec la crise financière de 2008, nous avons tous compris que des pans entiers de l’économie financiarisée échappent à toute régularisation. Nous  savons que le marché financier bien souvent s’articule autour de l’enrichissement privé. Connaissant ces données :

Pouvons-nous confier le bien commun qu’est la nature aux banques ?

Pourquoi les banques  se préoccuperaient elles de protection de l’environnement ?

Pourquoi les banques seraient plus  vertueuses en se mettant à la finance verte ?

Sans afficher un militantisme débordant, ces questions viennent naturellement à l’esprit.

Il est important de s’en faire un avis personnel car les fonds qui irons demain financer ces mécanismes sont nos épargnes ordinaires, nos placements inter -entreprisses, SICAV, PEE et autres assurances vies.

FINANCE PRIVEE  ET ECOLOGIQUE ?

Il est évident que pour faire face aux défis écologiques qui se présentent à nous, pour arriver à l’objectif de toute démarche écologique sérieuse, c’est-à-dire   vivre mieux  avec moins, il faut investir des sommes colossales dans les solutions que nous avons déjà et celles qui sont à venir.

De ce fait, nous avons besoin des capitaux privés, les états tous seuls ne pourront assurément pas faire face à tous les impératifs.

Il s’agit seulement de définir collectivement quel périmètre nous accordons à ces capitaux, en claire, ce qui peut être marchand  et ce qui ne le sera jamais.

GREEN BOND

Le green bond ou « obligation verte » est  un instrument  financier  à vocation écologique  qui bien que largement perfectible est un début de réponse à l’utilisation de fond privés pour des projets écologiques.

Le green bond est un appel  à financement,  émis par des états, des entreprises, voir même des régions, pour financer un projet écologique. Ces projets  peuvent être des parcs éoliens, photovoltaïques, ou des reconstructions d’usines  et sites respectant les normes environnementales.

Ce sont donc bien des infrastructures, qui feront l’objet d’une exploitation dans  l’économie réelle, dont les retombées permettront de rembourser les investisseurs moyennant bien sur un taux d’intérêt.

Il ne reste plus qu’as espérer que ces GREEN bond ne se transforment pas en produit financier de la nature à leur tour, et qu’ils fassent l’objet de beaucoup plus de sérieux dans la méthode d’évaluation des projets qu’il finance, ainsi qu’une réelle réglementation et surveillance.

EVITER D’OUVRIR LA BOITE DE PANDORE

La financiarisation de la nature à d’autant moins de sens qu’on peut se demander où cela s’arrêtera.

Si nous donnons un prix aux coraux, à telle ou telle espèce, et spéculons sur leur disparition ou leur survie pour nous enrichir, qu’est ce qui nous empêchera de spéculer sur nos propres enfants demain, sur la mort prochaine d’un parent ? A méditer.

POUR ALLER PLUS LOIN :

Green bond : article de Marc Antoine Franc  sept 2014 dans  le monde : financer la transition énergétique grâce aux green bond

Emission Square d’Arte disponible sur YouTube, thème : le réchauffement ça rapporte ?

Lire, Razmig Keucheyan : La nature est un champ de bataille, essai d’écologie politique. Paru en Mars 2014 Ed La découverte.

Article Bastamag : sur le système d’échange de quota d’émission de carbone 

 

 

Luminaires basse conso : éco, oui !écolo, pas sur!

sont elles vertes

S’il y a des objets qui symbolisent  l’entrée de l’humanité dans l’ère moderne, l’ampoule ou lampe électrique y a sans doute une place de choix. C’est elle, qui a amené la lumière du jour à la nuit, et progressivement permis à des millions et des milliards d’êtres humains de reléguer  chandelles, lampes tempêtes, et autres bec de gaz aux oubliettes.

La bonne vielle ampoule à évolué  de ces débuts en 1878 jusqu’à dans les années 40, avec de nombreuses innovations, se succédant, tant au niveau de la performance que de la praticité. Elle est passée de la lampe à filament de Carbone inventée par EDISON à celle à tungstène que nous connaissons aujourd’hui.

C’est aussi l’un des premiers produits manufacturés à faire l’objet d’entente entre les fabricants pour mettre en place une  démarche d’obsolescence programmée. Philips, Osram, et autres général electric se sont organisé dans un cartel nommé phoebus,  avec pour objectif de limiter la durée de vie des ampoules, freiner la recherche et l’innovation, et fixer un prix unique pour tous.

Ainsi, pendant plus de 50 ans, la lampe à incandescence n’a quasiment pas changé, quelle que soit la marque, elle s’éteignait pour de bon  après 1000h d’éclairage.

En 2012, on nous présentait en grandes pompes, la mort de l’ampoule  incandescente et l’avènement de l’ampoule basse consommation, la lampe fluocompacte. Cette mini révolution avait  pour but de contribuer à l’économie d’énergie et rentrait dans les dispositions prises pour lutter contre le réchauffement climatique.  Les lampes incandescentes,  jugées trop énergivores devaient pour certaines,  êtres interdites à la vente.

bye bye wellcome

L’ampoule basse consommation, notamment la fluocompacte promettait elle jusqu’à 63% d’économie d’énergie, une durée de vie dépassant les  10000h et un prix moyen se situant autour de 5€.

Vous avez dit basse consommation ?

4 ans après cette annonce et l’arrivée des ampoules basses consommation en masse sur nos étales, quel bilan peut-on en faire ?  Notamment sachant que cette année 2016 devait être l’année de sortie progressive d’un autre type d’ampoule du commerce.

En effet, selon les directives européennes  l’ampoule éco-halogène, proche de l’ampoule incandescente mais tout juste  moins énergivore devait être interdite à la vente dès 2016, mais la France à négocié un report pour 2018(1).

Pendant ce temps, des questions se posent sur la pertinence du choix de la lampe fluocompacte comme l’une des remplaçantes principales des deux ampoules vouées à disparaître du commerce.

 

FLUOCOMPACT : Économe en énergie mais pas encore écologique.

Outre le fait que l’ampoule Fluocompacte est économe en énergie, l’analyse de son cycle de vie révèle qu’elle n’est pas pour autant plus écologique que l’ampoule à incandescence.  On est passé d’une ampoule simple, formée de verre, de filament de tungstène, culot  et gaz, à une ampoule plus complexe, nécessitant une partie électronique, contenant du mercure, et  émettant des champs magnétiques déclarés potentiellement cancérigènes par l’organisation mondiale de la santé.

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En termes de confort,  la fluocompacte ne fait pas l’unanimité non plus. Il est relativement compliqué de trouver la bonne teinte pour l’espace à éclairer et éviter la lumière blafarde qui la caractérise trop souvent. Il s’avère aussi qu’elle supporte mal les extinctions et les rallumages répétés.

En fin de compte, la fluocompacte semble plus nocive pour l’environnement et la santé que l’ampoule à incandescence. Quand on sait qu’un gramme de mercure peut suffire à polluer un million de litres d’eau, on imagine les difficultés et les ressources énormes à mobiliser pour  le traitement de ces ampoules arrivées en fin de vie.

Comment on estime l’empreinte écologique ?

Quand un produit présenté à la base comme écologique se révèle  en contradiction sur bien des points avec ce qu’il est censé être, on se demande sur quelle base on s’appuie pour dire d’un produit qu’il est écologique.

De façon assez logique, le produit doit générer le moins de pollution et de dégradation environnementales sur les différentes phases de sa vie, on tient alors compte de :

  • l’extraction des matières permettant de fabriquer le produit
  • La fabrication proprement dite
  • La consommation d’énergie pendant la vie du produit
  • La conséquence de l’interaction du produit avec l’environnement (sur les humains, les plantes, les animaux)
  • Les opérations nécessaires pour traiter le produit arrivé en fin de vie

Dans l’idéal, un produit éco conçu, donc écologique doit avoir un impact neutre sur l’ensemble de ces points. Rares sont ceux qui atteignent cet objectif. Sur certains produits, l’impact neutre sur un seul de ces points est déjà une grande innovation, louable, et prometteuse pour l’avenir. La lampe flucompact n’est pas dans ce cas puisque si elle fait consommer moins d’énergie, elle crée des problèmes qui n’existaient pas avec  l’ampoule incandescente.

AMPOULE A LED : Une alternative prometteuse ?

L’ampoule LED(2), autre type d’ampoule qui au départ n’as pas eu la même médiatisation que la fluocompacte.  Cette petite lampe inventée par un ingénieur  chez général électric en 1962,  a d’abord servi pendant des décennies de voyant de veille ou de fonctionnement sur nos appareils électroniques.  Puis avec des innovations, l’ampoule LED à moyenne et haute puissance à vu le jour. Elle est aujourd’hui massivement recommandée pour l’éclairage domestique, public, ou  dans l’automobile. Longue durée de vie, économie record, offre diversifiée, et recyclage relativement  aisée, le seul inconvénient de cette technologie sur le papier semble être son prix encore élevé, en moyenne 15€/ unité  en 2015.

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Cependant, les ampoules à LED sont fabriquées avec des matières comme le gallium, l’arsenic, le silicium, du zinc ou les fameuses terres rares. Si certaines de ces matières comme l’arsenic et le silicium ne présentent  pas forcément de problème de disponibilité, les terres rares, le gallium sont quant à elles des matières en tension.

On peut se demander si une généralisation de cette technique ne va pas entraîner des dégradations environnementales pour trouver toujours plus de matières.

Et surtout en fin de vie, que va devenir l’arsenic ?  Sachant qu’un pays comme la France fait déjà face à des problèmes de terres polluées  à l’arsenic, très difficile à réhabiliter(3).  Le bilan environnemental de la lampe à  LED reste donc à évaluer et à affiner. En attendant, elle  est l’ampoule la plus éco-compatible en vente sur le marché aujourd’hui.

Un mémo pour comprendre et choisir les luminaires.

LUMINAIRES  BASSE CONSO3

VOUS AVEZ DIT BASSE CONSO2

 

 

VOUS AVEZ DIT BASSE CONSO 2

RECAPITULONS

– (1) Article Metronews sur l’interdiction à la vente les éco-halogènes

– (2)LED = Luminescent Electro Diod / Diode Electro Luminescente

voir enquête ENS LYON,  sur traitement de sol pollués a l’arsenic site de cheni

Convention sur le retrait des ampoules à incandescence et la promotion des ampoules basses consommation grenelle de l’environnement. 

 

Le Village Mondial des alternatives comme si vous y étiez !

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photo lebilletdd.com

Parallèlement à la Cop21, ce tenait le 5 et 6 décembre dernier à Montreuil dans le 93, le village mondial des alternatives.

Une sorte de pied de nez ou de complément, au grand sommet sur le climat qui avait cours à quelques kilomètres de là.

270 porteurs et porteuses de solutions alternatives, venu(e)s de 20 pays différents, se sont donné rendez vous pendant ce premier weekend de décembre, pour exposer, débattre, festoyer et partager l’idée de plus en plus évidente qu’il faut repenser notre système.

Nous y étions, nous avons déambulé dans les quartiers, fait des rencontres forts intéressantes, nous nous y sommes senti en phase avec beaucoup de projets, d’initiatives, il en est ressorti un pot pourri audio visuel que nous vous proposons dans le mini reportage ci dessous.

C’est une bien belle façon de clore l’an 2015 et de rentrer dans 2016, avec des conviction qui s’affirment le sentiment qu’on est loin d’être seul, et décidé à ne rien lâcher, comme dit la chanson.

Bonne année 2016 à tous !

DE LA SOBRIÉTÉ COMME CADEAU DE NOEL !

Noel Alsacien LBDD

Voici venu le mois de décembre,  nous  entrons dans la période magique de Noel.

L’esprit de Noel nous anime tous les ans depuis que nous sommes enfants. En tout cas, pour ceux qui sont de culture chrétienne et/ou vivent dans des pays où cette fête est célébrée.

C’est aussi l’un des événements qui illustre l’esprit des époques, puisque cela fait plus de deux mille ans qu’il est célébré.

Noel est à l’origine une fête païenne, qui célébrait dans l’antiquité le solstice d’hiver, le 25 décembre de chaque année.  Au 4e siècle, suite à la conversion de l’empereur romain  Constantin Ier  au christianisme, cette fête est assimilée à la célébration de la naissance de Jésus.   Le père Noel, lui, s’invite en 1931, suite au détournement par Coca-Cola du personnage de saint Nicolas, patron des enfants (encore célébré aujourd’hui en Alsace par exemple le 6 décembre).

C’est donc le 20e siècle qui confère à la fête de Noel la dimension commerciale que nous lui connaissons.

DIEU, LA FAMILLE ET LA CONSOMMATION

Seulement un français sur quatre estime que la religion tient une place importante dans sa vie(1). La famille reste cependant une valeur importante, c’est surement pourquoi pour beaucoup, Noel est une période qu’on consacre  avant tout à ses proches. Mais qu’on soit dévot ou pas, l’un des éléments commun à tous, c’est la frénésie de consommation dans laquelle nous nous plongeons  à cette période de l’année.

Une majorité d’entre nous prépare déjà dans un coin de la mémoire, la liste de ceux à qui il va falloir offrir un cadeau,  cette liste se décline probablement avec les sentiments que nous avons pour ces personnes, c’est tout à notre honneur de vouloir les manifester, les matérialiser par un présent.

Nous allons donc dépenser, acheter, en somme consommer plus que d’habitude !

Il sera ici moins question de ce qu’il faut acheter, la marque à privilégier, du circuit d’achat le plus vertueux que d’interrogation sur ce qui motive nos comportements parfois contradictoires à cette période de l’année.

C’est le monde entier qui est actuellement en ordre de bataille, pour que notre fête de Noel soit aussi somptueuse que celle de l’année dernière. Les usines chinoises d’où viennent les jouets de nos bambins tournent à plein régime, et leurs dérives aussi, probablement. Les fraises du Kenya et d’Espagne sont à coup sûr  déjà sorties de leurs serres surchauffées et sont sur le chemin de nos assiettes. Le saumon dont la production au kg a nécessité 5 à 6 kg d’autres poissons, beaucoup de produits chimiques et d’antibiotique, le poulet de batterie et bien d’autres victuailles encore, sont des promesses qui comme chaque année, seront bien tenues.

Et c’est là qu’on se dit, que nous ne sommes peut-être pas maitre de nos choix, de nos désirs, nos besoins, nos pensées sur certains sujet, et l’image que nous en avons.

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Il semble logique que personne n’as envie de manger des fraises en plein hiver, sachant ce  que ça représente en énergie, en transport et en produites chimiques. Personnes ne veux manger des crevettes qui  ont fait trois fois le tour du monde, du saumon qui a lutté toute sa vie contre les poux de mer parce qu’élevé confiné dans des bassins et gavé d’antibiotiques, personne ne veut offrir à son enfant un jouet fabriqué par un autre enfant dans une usine digne de germinal.

Et pourtant, on as vu fleurir dans les médias ces derniers jours, des images de ce qu’on appelle « Black Friday » ou des personnes à priori bien portantes psychologiquement, se molestaient  pour une télévision ou un téléphone soldé, une autre plus consternante, ou un adulte arrache un jouet des mains d’un enfant.

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Aussi ignobles qu’ils soient, ce qui se cache derrière ces comportements c’est l’envie de faire plaisir à un proche, de célébrer la naissance du fils de dieu dans les meilleurs dispositions, ou simplement de consommer le plus possible en payant le moins possible. C’est donc l’envie de vivre des moments de bonheur qui motive ces actions !  Rien  de blâmable donc, puis on ne va pas demander à chacun de se transformer en enquêteur avant d’acheter un jouet, ou une buche à la fraise !

Que faire donc ? On aurait envie de conseiller d’acheter du saumon bio, qui est élevé dans de meilleurs conditions, sans produits chimiques ni antibiotiques. Marteler qu’il est préférable de prendre un sapin végétal car ils sont quasiment  tous issues de forêt  dédiées à cet effet, ne contribuent à aucune déforestation et au contraire, capte du CO2 pendant leur croissance.

Mais on peut tout aussi bien tomber dans l’absurde en achetant du saumon bio ou en consommant des produits de saison pour noël. La démarche de consommation la plus écologique possible qui ne correspond à aucun besoin, ou qui crée de la sur abondance ne résout aucun problème.

L’absurde qui nous guette à cette période, vient donc assurément du manque de modération.

Ce manque de modération, nous en sommes bien conscients, sinon comment expliquer la recrudescence de publicité sur la réduction de déchets à la télévision, entre décembre et janvier ? « Réduisons vite nos déchets ça déborde »(2)  l’accroche  est désormais connu de tous, comme le refrain d’une chanson populaire !

La ville d’Helsinki depuis 2005, lance une campagne en cette période, qui encourage à « offrir des cadeaux qui produisent plus de joie que de déchets » (3).

Les idées de cadeaux immatériels et écologiques pullulent sur la toile, les trucs et astuces pour créer ses propres décorations, son papier cadeau, préparer un repas de  réveillon ou frugalité et abondance ne s’affrontent pas sont légions.

Mais tous cela ne sont que des outils, pour permettre à des dispositions positives de se manifester.

Il faudrait donc qu’à la base de ces outils, de ces pratiques, existe cette disposition positive. Pierre rabhi appellerait cela,  « pulsion positive », Ivan Illich parlerait « d’esprit de convivialité ».

DE LA SOBRIÉTÉ EN CADEAU

Face à nos contradictions, face au fait que malgré notre regard critique, nous vivions dans ce monde ci, dans cette société que nous dépeignons,  tout en étant partie prenante, en contribuant à ce contre quoi on s’insurge, on peut se demander en cette période de Noel, le cadeau qui nous permettrait de réduire ces contradictions, pour la période de Noel, comme pour le reste de l’année.

Comment continuer à faire de Noel une période de convivialité, de joie, de partage et d’amour, sans toutefois sombrer dans le superflu qui risque souvent de noyer les valeurs que véhicule cette fête ?

L’une des pistes, est de s’offrir un peu de SOBRIÉTÉ (4).  Cette tendance qui nous pousse à aller à l’essentiel, et surtout à être maitre de nos besoins, de nos envies, de nos désirs.

La SOBRIÉTÉ  comme leitmotiv dans la construction du Noel parfait, serait alors cette disposition positive, qui rend possible et naturelle, l’utilisation de tous les outils que nous avons cité, comme moyen alternatif, de manger, de faire des cadeaux, de créer une ambiance, pour un Noel comme les autres, avec un peu plus de sens.

JOYEUX NOEL.

 

POUR ALLER PLUS LOIN :

(1) donnée issue d’un article paru dans le monde en mai 2015 lisible ici

(2) campagne de sensibilisation à la réduction des déchets de l’agence de l’environnement et la maîtrise de l’énergie (ADEME)

(3) campagne de réduction de déchets de la mairie d’Helsinki

(4) Définition de la sobriété

Quelques sites pour Consommer responsables ?

http://www.100pour100equitable.oxatis.com/

http://www.mescoursespourlaplanete.com/

http://www.artisansdumonde.org/

http://www.equiterre.org/

Des articles qui parlent de la conso à Noel ?

un Noel pas comme les autres 

Offrir des gourmandises végétales.

ANDRÉ GORZ-PERSONNALITÉ DD #6

ggorz_bbL’une des  premières personnalités dont nous avons parlé sur le billetdd est René Dumont, premier personnage à avoir  représenté le courant de l’écologie politique en France, entre autre  par sa candidature à la présidentielle de 1974.

Nous le savons, il n’y a pas (ou il ne devrait pas y avoir)  de politique sans idéologie, sans pensée qui la sous tende.

La personnalité dont nous souhaitons parler cette fois ci fait partie de ceux qui ont fortement contribué à construire cette pensée écologiste, et donné par ce biais de la consistance et de la pertinence à l’idée d’une société qui se construit  pour une réelle émancipation de l’humain, c’est-à-dire vivre mieux, en consommant et travaillant moins et/ou autrement.

Notre personnalité DD de ce billet est ANDRE GORZ

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PENSEUR DE L’ECOLOGIE

André Gorz,  est né Gerhart Hirsch à Vienne en Autriche, le 09 Février 1923.

Fils d’un commerçant et d’une secrétaire,  il quitte son pays natal après l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne pour la Suisse et y poursuit des études à  l’école d’ingénieur de Lausanne.  Diplômé en chimie en 1945, il se lance dans la vie active comme traducteur, et nourrit un intérêt pour la philosophie et la phénoménologie.

C’est dans l’existentialisme de Jean Paul Sartre que se forge la formation philosophique d’André Gorz des débuts, il publie  quelques articles dans des journaux coopératifs, puis déménage pour Paris où il travaille un temps au sein de l’association « citoyens du monde », avant d’entrer au journal « l’express » comme journaliste économique.

C’est à partir de là que l’œuvre d’André Gorz prend forme, laissant entrevoir déjà,  le critique acerbe du capitalisme libéral et le théoricien de l’écologie politique qu’il va devenir.

UNE OEUVRE DÉDIÉE A LA LIBÉRATION DE TOUTES LES SPHÈRES DE LA VIE

Son premier livre, « le traitre » est une introspective  qui de prime abord n’a rien à voir avec ce qui va devenir son combat, pourtant c’est  un élément central de la pensée d’andré gorz, exister par soi-même, en tant que sujet, « poursuivre le libre épanouissement de son individualité comme une fin, commune à tous les sujets »*(1) c’est de la que tout part et que tout aboutit.

André Gorz va nouer des rapports privilégiés avec Jean Paul Sartre et participer à certains travaux du philosophe, qui le fait découvrir au public.

La suite de son œuvre oscille entre philosophie, critique sociale et théorie écologiste.

On lui doit des ouvrages capitaux comme :

Critique du capitalisme quotidien (1973) Ecologie et politique (1975) Capitalisme, socialisme, écologie (1991). Des analyses fines et objectives du système de développement dominant, ses dérives, ses pièges et les alternatives possibles.

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Toutes les œuvres d’André Gorz s’évertuent à nous montrer comment dit-il « nous sommes dominés dans notre travail, dans nos besoins et nos désirs, nos pensées et l’image que nous avons de nous-mêmes » C’est par cette démonstration que le penseur arrive à la critique du modèle de consommation opulent, c’est par elle aussi, qu’il devient écologiste avant la lettre comme il l’aimait à le dire.

« En partant de la critique du capitalisme, on arrive donc immanquablement à l’écologie politique qui, avec son indispensable théorie critique des besoins, conduit en retour à approfondir et à radicaliser encore la critique du capitalisme. Je ne dirais donc pas qu’il y a une morale de l’écologie, mais plutôt que l’exigence éthique d’émancipation du sujet implique la critique théorique et pratique  du capitalisme, de laquelle l’écologie politique est une dimension essentielle.

Si tu pars en revanche  d’un impératif écologique, tu peux aussi bien arriver à un anticapitalisme radical qu’à un pétainisme vert, à un éco fascisme ou à un communautarisme naturaliste.

L’écologie n’a toute sa charge critique et éthique que si les dévastations de la terre, la destruction des bases naturelles de la vie sont comprises comme les conséquences d’un mode de production » *(2)

André Gorz donne ici à l’écologie une idéologie solide, certains diront une utopie, mais pour citer encore le penseur, « l’utopie  a pour fonction de nous donner par rapport à l’état de choses existant, le recul qui nous permette de juger ce que nous faisons à la lumière de ce que nous pourrions ou devrions faire »*(3)

Ainsi, l’écologie ne constitue pas une défense aveugle de la nature, ni un repli sur soi, ni une dictature de la morale, mais une recherche en toute circonstance, de l’émancipation des sujets, libérés de tout ce qui bride la nature humaine.

Mais lucide, André prévient : «  L’idée que production et consommation puissent être décidées à partir des besoins est politiquement subversive » *(4)

Cela laisse envisager la tâche immense que représente le combat  écologiste,

André Gorz s’est donné la mort le 24 septembre 2007, avec  sa compagne Dorine gravement malade, à qui il a consacré son dernier ouvrage, « Lettre à D ». Il s’éteint seulement quelques mois avant la crise économique mondiale que nous n’avons pas encore complètement traversée, crise qu’il avait dans des articles prémonitoires, annoncé.

Il nous a laissé un héritage colossal ! On peut regretter que  les partis écologiste Français ne puissent pas s’enorgueillir et puiser dans ses idées pour construire des projets  pour une écologie pratique et politique digne de ce nom.

Honneur à la mémoire de ce grand homme, très peu connu dans notre pays..

*(1) – André Gorz  – interview réalisée par Marc Robert et paru dans Ecorev, N° 21 en 2005.
*(2) – André Gorz  – interview réalisée par Marc Robert et paru dans Ecorev, N° 21 en 2005.
*(3) – André Gorz  – Misères du présent, richesse du possible. Editions Galilée 1999.
*(4) – André Gorz – Ecologica Editions Galilée 2008.

POUR ALLER  PLUS LOIN :

Un magnifique blog consacré à l’œuvre d’André Gorz : Perspectives Gorzienne

Ecologica –Edition Galilée 2008.  Dernière œuvre d’André Gorz, parue après sa mort, compilant plusieurs articles du penseur.

De nombreuses vidéos d’interview d’André Gorz sont disponible sur Youtube.

L’oeuvre complète, bien que de plus en plus rare reste le meilleur moyen de comprendre la pensée d’André  Gorz.

 

La Gonette un an après, retour sur le projet de monnaie locale Lyonnaise.

De l’initiative au Concret !

L’année dernière, à la rentrée, nous sommes allés à la rencontre de porteurs de projets à vocation sociale, écologique ou de solidarité économique, dans l’agglomération lyonnaise.

Nous vous avions alors présenté le projet de monnaie locale lyonnaise en gestation. (revisionnez le reportage ICI)

C’est avec beaucoup de plaisir que nous sommes retournés prendre le pouls de cette initiative, nous vous le restituons dans la reportage qui suit :

 

Qu’est ce qu’une monnaie locale ?

Une monnaie locale ou complémentaire, est une monnaie non soutenue par une institution nationale, dont l’utilisation est restreinte à une zone géographique définie.

Les monnaies locales s’inscrivent dans la logique de l’économie sociale et solidaire, elles luttent contre la fuite systématique des capitaux vers les pôles financiers, protègent l’économie locale, et permettent d’orienter la consommation vers des circuits plus vertueux.

Concrètement, adhérer à une monnaie locale et en faire un moyen de paiement, permet de maintenir  une partie de l’argent que nous dépensons dans l’économie locale, soutient les petits commerces, les artisans et paysans, favorise les circuits courts.

En France on compte à ce jour 25 monnaies locales. On peut citer la EUSKO au pays basques Fançais, la mesure à Romans sur Isère, ou encore la Sonantes à Nantes.

 

Pour en savoir plus :

5 questions sur les monnaies locales par le nouvel Obs

Ouvrage de philippe derudder : Les monnaies locales complémentaires : pourquoi  ? comment ? edition Yves Michel, 2012.

site internet de la gonette

 

MOISSON DE RENTRÉE POUR LE BILLET DD

BONNE RENTRÉE A TOUS !

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Amis DDistes, écolosympathisants, écoloseptiques, lecteurs curieux et internautes de tous bords,

Le billetDD vous souhaite une bonne rentrée 2015 !

Après une trêve d’un bon mois, nous voilà repartis pour des petits papiers que nous espérons sympathiques, toujours dans la bonne humeur.

Cet espace reste un lieu où nous confrontons notre idée d’une société socialement juste, écologiquement soutenable et économiquement viable avec la réalité, quand c’est possible.

RÉCOLTE  DU POTAGER SUR BALCON

Le petit cadeau de la rentrée est la Récolte de notre potager sur balcon ! Cette petite aventure que nous avons voulu expérimentale, histoire d’apporter un peu de pratique aux théories autour de l’agriculture, du bio, de l’autonomie alimentaire, du fait soi même, qui animent nos débats régulièrement sur ce blog.

Résultat :

– Deux Poivrons

-15 pommes de terre

-7 tomates

image libilletdd récolte potager expérimental

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Ce n’est pas encore l’autonomie alimentaire mais la salade fût exquise ! et,Comme dit un de nos philosophe hexagonal bien vivant, « Agir permet de voir quelle résistance nous oppose le réel ».(1)

Nous devons donc préciser que nous avons perdu certains plans à cause de petites bêtes qui ont envahi le petit potager en juillet, et nous avons dû arracher les haricots qui entravaient les tomates, les ciboulettes ont été arrachées par erreur lors du sarclage, et ce que nous pensions être des concombres étaient en fait du poivron !! comme quoi, on as pas fini d’apprendre, et Tout ne s’est pas passé sans encombre.

Mais l’objectif est atteint, l’agriculture urbaine est à la portée de tous, il est possible de produire une partie même minime de ce que nous consommons, même sur des espaces relativement réduits, sans pesticides et sans investissement énorme.

Encore une fois il ne s’agit pas de dire que sur une palette en bois de 1.5 m x1m vous allez atteindre l’autonomie alimentaire voire devenir un paysan accomplis, mais de dire que progressivement nous pouvons sortir de la situation où nous ne produisons rien de ce que nous consommons et ne consommons rien de ce que nous produisons !

Nous pouvons aussi nous même nous rapprocher de la nature par ce biais, une nature sans grosse assistance, et peut être mieux appréhender les problématiques de l’agriculture.

Merci à tous ceux qui ont suivi la petite aventure, qui ont entamé la leur et qui nous ont envoyé quelques photos.

Si vous avez des photos de vos récoltes nous serons heureux de les partager.

Gyslain, pour lebilletdd.

(1) Michel Onfray – Cosmos, éd.Flammarion 2015.

IMMIGRATION ET DÉVELOPPEMENT DURABLE #1

A moins de vivre dans une grotte ou en totale autarcie (au moins médiatique), Nul n’a échappé ces dernières semaines au drame des migrants qui accostent sur différentes frontières européenne.  Italie, Espagne, Grèce,  Maltes, voilà les points d’entrée de ces indésirables sur les terres d’Europe. Pire encore, ce spectacle horrible de boat people,  avec des migrants rohingya  fuyant la Birmanie où ils sont  persécutés et sans droits, mais refoulés de toute part par les pays d’Asie du sud-est  le long de la mer d’andaman, mer sur laquelle ils errent encore aujourd’hui à la recherche d’un point de chute. On ne site plus les migrants d’Amérique latine qui risquent leurs vies dans le désert, sur les toits des trains, sous les coups des passeurs et les balles des  gardes-frontières américains pour espérer vivre des jours meilleurs au pays de l’oncle Sam. unnamed (1)

La réalité de la migration dite « clandestine » n’est donc pas l’apanage des africains de Lampedusa ou des pakistanais de Sangatte.

A côté de celle-ci, il y a la migration dite « légale » c’est-à-dire tous ceux qui partent d’un point A, avec un passeport  et un visa en bonne et due forme pour aller vers un point B, dans le but d’y vivre, d’y étudier, d’y travailler pour un long ou court terme. La migration dans ses deux réalités, clandestine ou légale, est un sujet qui a tendance à déchainer les passions. Pourtant dans une perspective de développement durable (ou soutenable), dans un contexte de mondialisation et d’inégalités criantes à l’échelle de la planète, c’est une question cruciale, qui mérite un regard apaisé et le plus objectif possible.

Dans ce premier article consacré à ce sujet, nous nous focalisons sur l’immigration clandestine, nous essayons de comprendre ses causes profondes, les ambivalences qui la stimule, et échafaudons des pistes de solutions. Un autre article suivra, pour aborder la question de façon plus globale,mettre en lumière l’intérêt que représente une immigration « vertueuse » pour les pays du nord comme du sud.

Les questions de migrations clandestine qui s’imposent à nous aujourd’hui,  sont  à notre avis, l’illustration de ce que produit un développement anarchique,  fait pour les uns au détriment des autres.

80 % DE LA POPULATION MONDIALE  DOIT SE CONTENTER DE  SEULEMENT 5,5 % DES RICHESSES.

Voilà ce qu’on peut  lire par exemple dans un rapport sur la pauvreté dans le monde, publié par l’association OXFAM  en janvier 2015.  Ainsi, nous vivons dans un monde où 94.5%  des richesses appartient à 20% de la population. Ces chiffres paraissent spectaculaires, et des critiques ce sont élevées sur le modèle de calcul qui a permis cette conclusion. Mais en supposant une marge d’erreur de moitié, cela reviendrait à  dire que 80% de la population mondiale doit se contenter de 11% des richesses. Même avec cette marge d’erreur, le résultat n’est  pas fameux ! distribtion richesses

Quand on se dit que les 20%  les plus riches de la planète sont en majorité les habitants des pays occidentaux, c’est-à-dire nous, quelques logiques implacables  s’imposent.

1- RÉPARTITION INÉGALE DES RICHESSES AU DÉTRIMENT DU SUD = IMMIGRATION ILLÉGALE MASSIVE AU NORD.

Il n’est pas besoin d’être un grand géographe pour comprendre cette réalité, car nous la vivons même à l’échelle de nos pays. En France, des localités entières se vident, parce qu’elles sont pauvres. Pauvres en emplois, en infrastructures, en services, en  pôles d’attractivité. On ne compte plus les cas de villages qui se meurent, voient leurs jeunes déserter, la poste, le tabac, le boulanger et même le bar pmu qui tire le rideau. Bien souvent ces zones dites « sinistrées » sont  cannibalisées par une grande agglomération  qui concentre la plus part des richesses, aspire peu à peu les petites villes et villages, avec son réseau de transport performant, ses services facilement accessibles,  son dynamisme, que ce soit en termes d’emploi, d’activité culturelles. Comment lutter dans ce cas ? Même les plus téméraires finissent par être contrains et forcés à l’exode. La seule différence ici avec l’immigration internationale,  est que quand on quitte le Bois d’Arcy (89) pour Lyon ou Paris, on n’a pas besoin de passeport, pas besoin de visa, ni de risquer sa vie sur une embarcation douteuse affrétée par on ne sait quelle mafia sur on ne sait quelle mer ou océan.

2 – INSTABILITÉ POLITIQUE ET/OU CONFLIT  =  AFFLUX DE MIGRANTS

On immigre aussi pour sauver sa vie ! Les tunisiens pendant le printemps arabe, les érythréens ou les syriens qui débarquent sur les cote grecs ces  dernières semaines sont moins dans une logique économique que de survie.  La démarche de se réfugier en zone de paix quand son pays est en guerre est vielle comme le monde, cette démarche est encadrée par le droit international et protège les réfugiés. Il  faut donc faire la différence entre quelqu’un qui fuit la guerre et quelqu’un qui fuit la misère, même si au bout du compte, la misère est une autre forme de guerre.  Cette distinction est malheureusement en train de disparaitre, du au mélange des genres qu’on peut entendre dans certains discours populistes et /ou électoralistes.

3- MONDIALISATION DE L’ECONOMIE = MONDIALISATION DES MIGRATIONS

On le voit bien avec les différents traités  qui lient économiquement les pays les uns avec les autres, la tendance est à l’abolition des frontières  pour que les biens et les services circulent toujours plus vite et rapportent toujours plus. L’ALENA, le fameux TAFTA, les accords de COTONOU, Ce sont autant de « pactes » qui concrétisent toujours plus l’idée de la mondialisation. Seulement, si les pays dits « riches » veulent vendre toujours plus de leurs biens et services aux autres pays, ils ne veulent pas voir les ressortissants de ces pays sur leurs sols. Comment vouloir la vache sans la bouse ? Ce sont donc les tenants du libéralisme économique qui s’offusquent que ce libéralisme en entraîne un autre, celui des migrations. On se rend compte que dans ces trois logiques que nous venons de citer, dans ces trois causes et conséquences,  il y a de la part des pays dits « riches »,  a chaque fois, une responsabilité indéniable.

CHEZ MOI,  TES RESSOURCES SONT LA BIENVENUE MAIS TOI, NON !

Rappelons que le développement durable,  ou soutenable, est la capacité des générations actuelles à subvenir à leurs besoins sans compromettre la capacité des générations futures à subvenir aux leurs. On est donc bien dans le sujet, la majeure partie des personnes qui immigrent le font parce qu’elles n’ont pas la capacité de subvenir à leurs besoins là où elles sont. Pourtant, quand il s’agit de ressources naturelles, celles-là même qui permettent de créer et entretenir les richesses très inégalement partagées, on parle de village planétaire, de mondialisation vertueuse. Pourquoi ? Parce que bien souvent  nous allons chercher les ressources naturelles pour bâtir notre richesse dans les pays d’où viennent la plus part des immigrés. Ce petit tableau issu d’une étude de l’organisation mondiale du commerce nous en donne un aperçu : IMG_1179

On s’aperçoit que 39% des ressources naturelles produites par l’Afrique vont en Europe,  27,5% en Amérique du nord et 23,5% en Asie. L’Afrique elle-même ne conserve que 5.3%. Toutes ces ressources, qui vont devenir des produit manufacturés, des biens en tout genre et générer des services, créent  une richesse aussi  inégalement répartie que les ressources proprement dites. A partir de là, les choses se passent comme si nous crachions dans le ciel et recevions notre propre salive dans le visage. Ceux à qui on ne laisse que 5.5% de richesse produite dans le monde prennent la mer pour venir prendre leur part  de l’illusoire gâteau

JE DÉSTABILISE TA RÉGION, JE M’ETONNE QUE TU VIENNES DANS LA MIENNE TE  RÉFUGIER

Image : le blog d'Eva

Image : le blog d’Eva

Les preuves ne sont plus à faire,  on a vu dans l’histoire récente que parfois, certains pays poursuivant leurs propres intérêts, créent  le trouble dans d’autres pays pour arriver à leurs fins. Le plus emblématique est bien sur la guerre faite par les états unis en Irak. Une guerre sensée  libérer le peuple d’un dictateur et apporter la liberté. 12 ans après, le pays lui-même est menacé de disparition pure et simple. L’état islamique contrôle une partie de son territoire,  les guerres entre courants religieux font rages, et les réfugiés se comptent en millions. Autant de potentiels migrants aux portes des pays qui ont voté à  l’ONU en 2003, pour un envahissement  de ce pays. (Espagne, grande Bretagne etc..).

Voir article du monde diplomatique : dix ans après que devient l’Irak ?

Si la France a eu une réaction honorable pour l’Irak, elle a usé des mêmes méthodes pour la Libye.

Quelques mois après avoir accueillis Kadhafi dans les jardins de la république, le président Français de l’époque a engagé une guerre éclair pour déposer le dirigeant Libyen ; peu de temps après, plusieurs pays de la sous-région ont vu éclater des conflits armés sur leurs territoires, (Mali, Burkina-Faso, Centrafrique) Les armes et les milices libyennes ont naturellement convergé vers le reste de l’Afrique pour alimenter divers conflits politiques et religieux. La Libye,  devenue chaos sans nom et une passoire pour les trafiquants en tous genre, est aujourd’hui l’un des principaux itinéraires qu’empruntent les milliers de migrants africains que nous voyons arriver.

Voir l’article du nouvel Obs : « Lampedusa, une conséquence de la guerre en Libye » par Alberto Toscano 

LIBERTÉ DE CIRCULATION vs CIRCULATION LIBÉRALE ? (1)

image : Huffington post

image : Huffington post

Comment vouloir acheter un T-shirt à 2 euros dans les rues de Paris et s’étonner que le bangladais qui le fabrique sans pouvoir en vivre finisse par échouer près de chez nous ? D’autant que la mondialisation toujours elle, tend à uniformiser les modes de vies par des connections physiques ou virtuelles.

Via les chaines de télé, internet ou la diaspora, notre mode de vie s’affiche ostensiblement et suscite des envies, c’est naturel.

A force d’importer à bas coûts le travail de personnes vivant à l’autre bout du monde, puis leur renvoyer l’image de notre jouissance, ce sont les travailleurs eux-mêmes qui s’importent.

Au-delà de ça, on ne peut ignorer l’héritage colonial qui fait que certains migrants sont naturellement attirés par certains pays. Ce n’est pas un hasard s’il y a autant de congolais en Belgique, ou de sénégalais en France, l’histoire ne ment pas.

D’autant qu’il ne s’agit pas que d’héritage, aujourd’hui encore, un pays comme la France conserve et entretien des rapports diplomatiques, monétaires, économiques et financiers avec les pays d’Afrique francophone qui datent de l’époque de la colonisation, sans aucun scrupule.

Concrètement, pour ne parler que de cela, le franc CFA, monnaie de tous les pays Africains, ancienne colonies française, est une monnaie au taux de change fixe par rapport à l’euro. C’est-à-dire que quand un pays Africain vend ses ressources à un pays européen, il la vend au même prix quelques soit le cours de l’euro.

Les Africains n’ont  aucun gain à attendre  dans un échange commercial avec un européen,  dû à la fluctuation de la monnaie vu que la leur ne fluctue pas.

Pourtant, les opérateurs économiques en France  et ailleurs vous diront (avec raison) que quand l’euro est très fort, ils font moins d’affaires. Dans le cas inverses, les affaires sont plus fructueuses parce que quand la monnaie est basse, ça coute moins chers au client d’acheter et vice versa. La fluctuation de la monnaie est donc un élément important dans le dynamisme de l’économie, élément dont est privée toute la zone monétaire CFA, cela occulte sa croissance et handicap son économie.

Selon la banque mondiale, La croissance en Afrique subsaharienne en 2014 est de 5.2% contre moins de 1%  en Europe 

D’un autre côté, les transferts de fonds entre les pays de la zone CFA et la France sont exempts de toutes taxe ou contrôle. Ce qui fait qu’une société française implantée en Afrique n’as aucune contrainte à rapatrier ses fonds (fruit de son activité en Afrique) vers l’hexagone. De la même façon, certaines élites africaines  qui pillent les richesses de leurs pays ont ainsi un boulevard bien pavé pour faire sortir les fonds détournés de leurs pays.

Enfin, le même « traité colonial » fait que les pays de la zone CFA, quand ils ont des réserves de changes, c’est à dire une réserve en or, ou des chèques émis par des pays et des sociétés  à qui ils ont vendu des ressources par exemple,  ils ont l’obligation de placer la moitié (50%) de cette réserve au trésor public Français.Les réserves ainsi placées, étant généralement des  actions ou des obligations, sont mis sur les marchés financiers par le trésor public Français qui empoche les intérêts.

En somme, le trésor public Français fait fructifier  l’argent des pays africains  et empoche les intérêts.

Voir article de Rue89 : Un ministre a-t-il le droit de dire tout le mal qu’il pense du franc CFA ?

Aux états unis, l’afflux d’immigrés illégaux venus du Mexique n’est pas complètement sans rapport avec le traité de l’Alena, qui a permis aux USA d’inonder le marché mexicain de maïs OGM à bas coûts, rendant le maïs local trop chers et par la même occasion ruiné les paysans producteurs de maïs, qui affluents vers les villes ou décident d’immigrer. Le Mexique qui est par ailleurs le berceau de cette plante.

On pourrait citer beaucoup d’autres contradictions comme celle-là qui rendent stimulent les catastrophes  migratoires que l’on peut voir tous les jours. Les injustices, les fautes, à la fois éthiques, économiques et sociales qui sont en partie responsables de ces désastres incombent aux pays qui s’en disent victimes !  dans les discours, très peu, trop peu de voix mentionnent ces réalités.

UN MODÈLE NI DURABLE, NI SOUTENABLE POUR LES MIGRANTS COMME POUR LES PAYS RICHES

On peut s’arrêter là et dire que les pays occidentaux sont responsables des inégalités de partage des richesses dans le monde et responsables à eux seuls des drames de l’immigration clandestine que nous vivons, on n’aura qu’à moitié raison.

Bien sûr, les états dont sont originaires ces personnes ont leurs responsabilités, tout comme les cartels de trafiquants d’êtres humains qui sont les moteurs de cette machine infernale.

Les états qui voient affluer les migrants n’ont pas su trouver à ce jour une autre réponse que celle de la police, des centres de rétention et des barrières toujours plus hautes aux frontières.

De l’autre côté l’opinion publique  a été conditionnée à  ne considérer cette question que sous son angle politique, au sens politique politicienne.  Les populismes grandissent en Europe sous le slogan « les étrangers, responsables de tous nos maux » dans un aveuglement total sur les éléments qui sous-tendent les problèmes qu’ils dénoncent.

Or on ne règle aucun problème sans aller à sa racine, à sa base même, dans le cas contraire, les solutions ne sont que cosmétiques.

On pourra toujours se gargariser du nombre de reconduite à la frontière, de renforcer le contingent de la police des frontières européennes FRONTEX, de désigner l’immigrer comme la cause de tous les problèmes politiques, rien n’y changera. Tant que les injustices vivrons  au niveau ou elles sont aujourd’hui, chacun de nous devra s’attendre à voir  s’inviter dans son quotidien toujours plus d’immigrés clandestin.

Pourtant, l’Europe a besoin d’immigration, on sait aujourd’hui que des pays comme l’Allemagne ou l’Italie où le taux de natalité est bas et la population vieillissante, vont devoir  pour soutenir leur économie attirer des immigrés pour remplacer les départ en retraite et rajeunir la population. L’immigration illégale n’est peut être pas la meilleure manière de répondre à ce problème, mais c’est une opportunité à saisir pour gérer les flux migratoire de façon durable.

Voir article du magazine Vacarme :  » Liberté de circuler vs Circulation Libérale »  de Carien Eff et Isabelle Saint-Saens 

Comme nous le voyons, notre responsabilité dans les causes de l’immigration illégale comme nos solutions actuelles pour en venir à bout ne concourent en rien à un développement durable, ni pour les uns (les migrants) ni pour les autres (les habitant des pays d’immigration) ce ne sont que des situations de « perdant-perdant» sur le long terme qui se profilent.

On peut comprendre le désagrément de voir se créer un squat d’immigrés illégaux près de chez soi, le malaise que ça crée de voir des personne investir et vivre dans un parc en attendant mieux, le sentiment d’insécurité physique et sociale que peuvent ressentir certains  à voir affluer des populations fragiles, corvéables à merci, prêt à tout pour survivre.

Les citoyens des pays qui subissent l’immigration clandestine doivent donc  exiger de ne pas être les dindons de la farce, en élisant des représentants qui abordent la résolution de ces problèmes de façon plus soutenable pour aujourd’hui et pour demain,  en préservant :

LA DIGNITÉ HUMAINE : chaque catégorie de migrant à sa place, légaux, clandestins, réfugiés, avec les droits qui vont avec.
LA SOUVERAINETÉ DES ETATS : Ne pas être moteur de conflits ou déstabilisations qui vont engendrer plus de problèmes qu’ils n’en résolvent. Ne pas maintenir des pays dans des situations de pauvreté ou de troubles parce que ça permet d’obtenir facilement ce que l’on souhaite.
DES LOGIQUES ECONOMIQUES VERTUEUSES : Travailler  dans le sens d’un développement économique solide et durable dans les pays pauvres et notamment par les citoyens des pays pauvres, sans leur faire  l’aumône, mais simplement en leur appliquant les mêmes règles que celle qui ont cours sur les marchés internationaux, en achetant leur matières premières et autres ressources au juste prix, en sortant de traités qui détruisent le peu de filières qui s’y développent , en arrêtant de soutenir des régimes corrompus, sortir des système d’aide au développement en trompe l’œil, ou de dettes injustes qui datent parfois de période de la colonisation et écrasent les pays déjà en difficultés. 
(1) titre emprunté à l’article éponyme du magasine Varcarme N°41, Juillet 2007

POUR ALLER PLUS LOIN :

Article / Immigration et développement : des relations diffuses, distendues et encombrées de préjugés. ClémentBOUTILLIER sur Euroduvillage.eu.

Ouvrage : Politique monétaire et servitude volontaire, La gestion du franc CFA par la BCEAO par Kako Nubukpo.

Rapport sur le commerce mondial 2010 – Organisation Mondiale Du Commerce ICI

Rapport OXFAM  sur les inégalités dans le monde ICI

Publication : La politique économique de la France en Afrique : La fin des rentes coloniales ? Philippe Hugon, Editions Karthala (2007).