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IMMIGRATION ET DÉVELOPPEMENT DURABLE #1

A moins de vivre dans une grotte ou en totale autarcie (au moins médiatique), Nul n’a échappé au drame des migrants qui accostent sur différentes frontières européenne.  Italie, Espagne, Grèce,  Maltes, voilà les points d’entrée de ces indésirables sur les terres de l’illusoire Eldorado. Pire encore, ce spectacle horrible de boat people,  avec des migrants rohingya  fuyant la Birmanie où ils sont  persécutés et sans droits, mais refoulés de toute part par les pays d’Asie du sud-est  le long de la mer d’Andaman, mer sur laquelle ils errent encore aujourd’hui à la recherche d’un point de chute. On ne cite plus les migrants d’Amérique latine qui risquent leurs vies dans le désert, sur les toits des trains, sous les coups des passeurs et les balles des  gardes-frontières américains, espérant  vivre des jours meilleurs au pays de l’oncle Sam. unnamed (1)

La réalité de la migration dite « clandestine » n’est donc pas l’apanage des africains de Lampedusa ou des Pakistanais de Calais.

A côté de celle-ci, il y a la migration dite « légale » c’est-à-dire tous ceux qui partent d’un point A, avec un passeport  et un visa en bonne et due forme pour aller vers un point B, dans le but d’y vivre, d’y étudier, d’y travailler pour un long ou court terme.

La migration dans ses deux réalités, clandestine ou légale, est un sujet qui a tendance à déchainer les passions. Pourtant dans une perspective de développement durable (ou soutenable), dans un contexte de mondialisation et d’inégalités criantes à l’échelle de la planète, c’est une question cruciale, qui mérite un regard apaisé et le plus objectif possible.

Dans ce premier article consacré à ce sujet, nous nous focalisons sur l’immigration clandestine, nous essayons de comprendre ses causes profondes, les ambivalences qui la stimule, et échafaudons des pistes de solutions. Un autre article suivra, pour aborder la question de façon plus globale,mettre en lumière l’intérêt que représente une immigration « vertueuse » pour les pays du nord comme du sud.

Les questions de migrations clandestine qui s’imposent à nous aujourd’hui,  sont  à notre avis, l’illustration de ce que produit un développement chaotique,  fait pour les uns au détriment des autres.

80 % DE LA POPULATION MONDIALE  DOIT SE CONTENTER DE  SEULEMENT 5,5 % DES RICHESSES.

Voilà ce qu’on peut  lire par exemple dans un rapport sur la pauvreté dans le monde, publié par l’association OXFAM  en janvier 2015.  Ainsi, nous vivons dans un monde où 94.5%  des richesses appartient à 20% de la population. Ces chiffres paraissent spectaculaires, et des critiques ce sont élevées sur le modèle de calcul qui a permis cette conclusion. Mais en supposant une marge d’erreur de moitié, cela reviendrait à  dire que 80% de la population mondiale doit se contenter de 11% des richesses. Même avec cette marge d’erreur, le résultat n’est  pas fameux ! distribtion richesses

Quand on se dit que les 20%  les plus riches de la planète sont en majorité les habitants des pays occidentaux, c’est-à-dire nous, quelques logiques implacables  s’imposent.

1- RÉPARTITION INÉGALE DES RICHESSES AU DÉTRIMENT DU SUD = IMMIGRATION ILLÉGALE MASSIVE AU NORD.

Il n’est pas besoin d’être un grand géographe pour comprendre cette réalité, car nous la vivons même à l’échelle de nos pays. En France, des localités entières se vident, parce qu’elles sont pauvres. Pauvres en emplois, en infrastructures, en services, en  pôles d’attractivité. On ne compte plus les cas de villages qui se meurent, voient leurs jeunes déserter, la poste, le tabac, le boulanger et même le bar pmu qui tire le rideau. Bien souvent ces zones dites « sinistrées » sont  cannibalisées par une grande agglomération  qui concentre la plus part des richesses, aspire peu à peu les petites villes et villages, avec son réseau de transport performant, ses services facilement accessibles,  son dynamisme, que ce soit en termes d’emploi, d’activité culturelles. Comment lutter dans ce cas ? Même les plus téméraires finissent par être contrains et forcés à l’exode. La seule différence ici avec l’immigration internationale,  est que quand on quitte le Bois d’Arcy (89) pour Lyon ou Paris, on n’a pas besoin de passeport, pas besoin de visa, ni de risquer sa vie sur une embarcation douteuse affrétée par on ne sait quelle mafia sur on ne sait quelle mer ou océan.

2 – INSTABILITÉ POLITIQUE ET/OU CONFLIT  =  AFFLUX DE MIGRANTS

On immigre aussi pour sauver sa vie ! Les tunisiens pendant le printemps arabe, les érythréens ou les syriens qui débarquent sur les cotes grecques ces  dernières semaines sont moins dans une logique économique que de survie.  La démarche de se réfugier en zone de paix quand son pays est en guerre est vielle comme le monde, cette démarche est encadrée par le droit international et protège les réfugiés. Il  faut donc faire la différence entre quelqu’un qui fuit la guerre et quelqu’un qui fuit la misère. Même si  rappelons le, au bout du compte, la misère est une autre forme de guerre.  Cette distinction est malheureusement en train de disparaitre, du au mélange des genres qu’on peut entendre dans certains discours populistes et /ou électoralistes.

3- MONDIALISATION DE L’ÉCONOMIE = MONDIALISATION DES MIGRATIONS

On le voit bien avec les différents traités  qui lient économiquement les pays les uns avec les autres, la tendance est à l’abolition des frontières  pour que les biens et les services circulent toujours plus vite et rapportent toujours plus. L’ALENA, le fameux TAFTA, les accords de COTONOU, Ce sont autant de « pactes » qui concrétisent toujours plus l’idée de la mondialisation. Seulement, si les pays dits « riches » veulent vendre toujours plus de leurs biens et services aux autres pays, ils ne veulent pas voir les ressortissants de ces pays sur leurs sols. Comment vouloir la vache sans la bouse ? Ce sont donc les tenants du libéralisme économique qui s’offusquent que ce libéralisme en entraîne un autre, celui des migrations. On se rend compte que dans ces trois logiques que nous venons de citer, dans ces trois causes et conséquences,  il y a de la part des pays dits « riches »,  a chaque fois, une responsabilité indéniable.

CHEZ MOI,  TES RESSOURCES SONT LA BIENVENUE MAIS TOI, NON !

Rappelons que le développement durable,  ou soutenable, est la capacité des générations actuelles à subvenir à leurs besoins sans compromettre la capacité des générations futures à subvenir aux leurs. On est donc bien dans le sujet, la majeure partie des personnes qui immigrent le font parce qu’elles n’ont pas la capacité de subvenir à leurs besoins là où elles sont. Pourtant, quand il s’agit de ressources naturelles, celles-là même qui permettent de créer et entretenir les richesses très inégalement partagées, on parle de village planétaire, de mondialisation vertueuse. Pourquoi ? Parce que bien souvent  nous allons chercher les ressources naturelles pour bâtir notre richesse dans les pays d’où viennent la plus part des immigrés. Ce petit tableau issu d’une étude de l’organisation mondiale du commerce nous en donne un aperçu : IMG_1179

On s’aperçoit que 39% des ressources naturelles produites par l’Afrique vont en Europe,  27,5% en Amérique du nord et 23,5% en Asie. L’Afrique elle-même ne conserve que 5.3%. Toutes ces ressources, qui vont devenir des produit manufacturés, des biens en tout genre et générer des services, créent  une richesse aussi  inégalement répartie que les ressources proprement dites. A partir de là, les choses se passent comme si nous crachions dans le ciel et recevions notre propre salive dans le visage. Ceux à qui on ne laisse que 5.5% de richesse produite dans le monde prennent la mer pour venir prendre leur part  de l’illusoire gâteau

JE DÉSTABILISE TA RÉGION, JE M’ÉTONNE QUE TU VIENNES DANS LA MIENNE TE  RÉFUGIER

Image : le blog d'Eva

Image : le blog d’Eva

Les preuves ne sont plus à faire,  on a vu dans l’histoire récente que parfois, certains pays poursuivant leurs propres intérêts, créent  le trouble dans d’autres pays pour arriver à leurs fins. Le plus emblématique est bien sur la guerre faite par les états unis en Irak. Une guerre sensée  libérer le peuple d’un dictateur et apporter la liberté. 12 ans après, le pays lui-même est menacé de disparition pure et simple. L’état islamique contrôle une partie de son territoire,  les guerres entre courants religieux font rages, et les réfugiés se comptent en millions. Autant de potentiels migrants aux portes des pays qui ont voté à  l’ONU en 2003, pour un envahissement  de ce pays. (Espagne, grande Bretagne etc..).

Voir article du monde diplomatique : dix ans après que devient l’Irak ?

Si la France a eu une réaction honorable pour l’Irak, elle a usé des mêmes méthodes pour la Libye.

Quelques mois après avoir accueillis Kadhafi dans les jardins de la république, le président Français de l’époque a engagé une guerre éclair pour déposer le dirigeant Libyen ; peu de temps après, plusieurs pays de la sous-région ont vu éclater des conflits armés sur leurs territoires, (Mali, Burkina-Faso, Centrafrique). Les armes et les milices libyennes ont naturellement convergé vers le reste de l’Afrique pour alimenter divers conflits politiques et religieux. La Libye,  devenue chaos sans nom et une passoire pour les trafiquants en tous genre, est aujourd’hui l’un des principaux itinéraires qu’empruntent les milliers de migrants africains que nous voyons arriver.

Voir l’article du nouvel Obs : « Lampedusa, une conséquence de la guerre en Libye » par Alberto Toscano 

LIBERTÉ DE CIRCULATION vs CIRCULATION LIBÉRALE ? (1)

image : Huffington post

image : Huffington post

Comment vouloir acheter un T-shirt à 2 euros dans les rues de Paris et s’étonner que le bangladais qui le fabrique sans pouvoir en vivre finisse par échouer près de chez nous ? D’autant que la mondialisation toujours elle, tend à uniformiser les modes de vies par des connections physiques ou virtuelles.

Via les chaines de télé, internet ou la diaspora, notre mode de vie s’affiche ostensiblement et suscite des envies, c’est naturel.

A force d’importer à bas coûts le travail de personnes vivant à l’autre bout du monde, puis leur renvoyer l’image de notre jouissance, ce sont les travailleurs eux-mêmes qui s’importent.

Au-delà de ça, on ne peut ignorer l’héritage colonial qui fait que certains migrants sont naturellement attirés par certains pays. Ce n’est pas un hasard s’il y a autant de congolais en Belgique, ou de sénégalais en France, l’histoire ne ment pas.

D’autant qu’il ne s’agit pas que d’héritage, aujourd’hui encore, un pays comme la France conserve et entretien des rapports diplomatiques, monétaires, économiques et financiers avec les pays d’Afrique francophone qui datent de l’époque de la colonisation, sans aucun scrupule.

Concrètement, pour ne parler que de cela, le franc CFA, monnaie de tous les pays Africains, ancienne colonies française, est une monnaie au taux de change fixe par rapport à l’euro. C’est-à-dire que quand un pays Africain vend ses ressources à un pays européen, il la vend au même prix quelques soit le cours de l’euro.

Les Africains n’ont  aucun gain à attendre  dans un échange commercial avec un européen,  dû à la fluctuation de la monnaie vu que la leur ne fluctue pas.

Pourtant, les opérateurs économiques en France  et ailleurs vous diront (avec raison) que quand l’euro est très fort, ils font moins d’affaires. Dans le cas inverses, les affaires sont plus fructueuses parce que quand la monnaie est basse, ça coute moins chers au client d’acheter et vice versa. La fluctuation de la monnaie est donc un élément important dans le dynamisme de l’économie, élément dont est privée toute la zone monétaire CFA, cela occulte sa croissance et handicap son économie.

Selon la banque mondiale, La croissance en Afrique subsaharienne en 2014 est de 5.2% contre moins de 1%  en Europe 

D’un autre côté, les transferts de fonds entre les pays de la zone CFA et la France sont exempts de toutes taxe ou contrôle. Ce qui fait qu’une société française implantée en Afrique n’as aucune contrainte à rapatrier ses fonds (fruit de son activité en Afrique) vers l’hexagone. De la même façon, certaines élites africaines  qui pillent les richesses de leurs pays ont ainsi un boulevard bien pavé pour faire sortir les fonds détournés de leurs pays.

Enfin, le même « traité colonial » fait que les pays de la zone CFA, quand ils ont des réserves de changes, c’est à dire une réserve en or, ou des chèques émis par des pays et des sociétés  à qui ils ont vendu des ressources par exemple,  ils ont l’obligation de placer la moitié (50%) de cette réserve au trésor public Français.Les réserves ainsi placées, étant généralement des  actions ou des obligations, sont mis sur les marchés financiers par le trésor public Français qui empoche les intérêts.

En somme, le trésor public Français fait fructifier  l’argent des pays africains  et empoche les intérêts.

Voir article de Rue89 : Un ministre a-t-il le droit de dire tout le mal qu’il pense du franc CFA ?

Aux états unis, l’afflux d’immigrés illégaux venus du Mexique n’est pas complètement sans rapport avec le traité de l’Alena, qui a permis aux USA d’inonder le marché mexicain de maïs OGM à bas coûts, rendant le maïs local trop chers et par la même occasion ruiné les paysans producteurs de maïs, qui affluents vers les villes ou décident d’immigrer. Le Mexique qui est par ailleurs le berceau de cette plante.

On pourrait citer beaucoup d’autres contradictions comme celle-là qui rendent stimulent les catastrophes  migratoires que l’on peut voir tous les jours. Les injustices, les fautes, à la fois éthiques, économiques et sociales qui sont en partie responsables de ces désastres incombent aux pays qui s’en disent victimes !  dans les discours, très peu, trop peu de voix mentionnent ces réalités.

UN MODÈLE NI DURABLE, NI SOUTENABLE POUR LES MIGRANTS COMME POUR LES PAYS RICHES

On peut s’arrêter là et dire que les pays occidentaux sont responsables des inégalités de partage des richesses dans le monde et responsables à eux seuls des drames de l’immigration clandestine que nous vivons, on n’aura qu’à moitié raison.

Bien sûr, les états dont sont originaires ces personnes ont leurs responsabilités, tout comme les cartels de trafiquants d’êtres humains qui sont les moteurs de cette machine infernale.

Les états qui voient affluer les migrants n’ont pas su trouver à ce jour une autre réponse que celle de la police, des centres de rétention et des barrières toujours plus hautes aux frontières.

De l’autre côté l’opinion publique  a été conditionnée à  ne considérer cette question que sous son angle politique, au sens politique politicienne.  Les populismes grandissent en Europe sous le slogan « les étrangers, responsables de tous nos maux » dans un aveuglement total sur les éléments qui sous-tendent les problèmes qu’ils dénoncent.

Or on ne règle aucun problème sans aller à sa racine, à sa base même, dans le cas contraire, les solutions ne sont que cosmétiques.

On pourra toujours se gargariser du nombre de reconduite à la frontière, de renforcer le contingent de la police des frontières européennes FRONTEX, de désigner l’immigrer comme la cause de tous les problèmes politiques, rien n’y changera. Tant que les injustices vivrons  au niveau ou elles sont aujourd’hui, chacun de nous devra s’attendre à voir  s’inviter dans son quotidien toujours plus d’immigrés clandestin.

Pourtant, l’Europe a besoin d’immigration, on sait aujourd’hui que des pays comme l’Allemagne ou l’Italie où le taux de natalité est bas et la population vieillissante, vont devoir  pour soutenir leur économie attirer des immigrés pour remplacer les départ en retraite et rajeunir la population. L’immigration illégale n’est peut être pas la meilleure manière de répondre à ce problème, mais c’est une opportunité à saisir pour gérer les flux migratoire de façon durable.

Voir article du magazine Vacarme :  » Liberté de circuler vs Circulation Libérale »  de Carien Eff et Isabelle Saint-Saens 

Comme nous le voyons, notre responsabilité dans les causes de l’immigration illégale comme nos solutions actuelles pour en venir à bout ne concourent en rien à un développement durable, ni pour les uns (les migrants) ni pour les autres (les habitant des pays d’immigration) ce ne sont que des situations de « perdant-perdant» sur le long terme qui se profilent.

On peut comprendre le désagrément de voir se créer un squat d’immigrés illégaux près de chez soi, le malaise que ça crée de voir des personne investir et vivre dans un parc en attendant mieux, le sentiment d’insécurité physique et sociale que peuvent ressentir certains  à voir affluer des populations fragiles, corvéables à merci, prêt à tout pour survivre.

Les citoyens des pays qui subissent l’immigration clandestine doivent donc  exiger de ne pas être les dindons de la farce, en élisant des représentants qui abordent la résolution de ces problèmes de façon plus soutenable pour aujourd’hui et pour demain,  en préservant :

LA DIGNITÉ HUMAINE : chaque catégorie de migrant à sa place, légaux, clandestins, réfugiés, avec les droits qui vont avec.
LA SOUVERAINETÉ DES ETATS : Ne pas être moteur de conflits ou déstabilisations qui vont engendrer plus de problèmes qu’ils n’en résolvent. Ne pas maintenir des pays dans des situations de pauvreté ou de troubles parce que ça permet d’obtenir facilement ce que l’on souhaite.
DES LOGIQUES ECONOMIQUES VERTUEUSES : Travailler  dans le sens d’un développement économique solide et durable dans les pays pauvres et notamment par les citoyens des pays pauvres, sans leur faire  l’aumône, mais simplement en leur appliquant les mêmes règles que celle qui ont cours sur les marchés internationaux, en achetant leur matières premières et autres ressources au juste prix, en sortant de traités qui détruisent le peu de filières qui s’y développent , en arrêtant de soutenir des régimes corrompus, sortir des système d’aide au développement en trompe l’œil, ou de dettes injustes qui datent parfois de période de la colonisation et écrasent les pays déjà en difficultés. 
(1) titre emprunté à l’article éponyme du magasine Varcarme N°41, Juillet 2007

POUR ALLER PLUS LOIN :

Article / Immigration et développement : des relations diffuses, distendues et encombrées de préjugés. ClémentBOUTILLIER sur Euroduvillage.eu.

Ouvrage : Politique monétaire et servitude volontaire, La gestion du franc CFA par la BCEAO par Kako Nubukpo.

Rapport sur le commerce mondial 2010 – Organisation Mondiale Du Commerce ICI

Rapport OXFAM  sur les inégalités dans le monde ICI

Publication : La politique économique de la France en Afrique : La fin des rentes coloniales ? Philippe Hugon, Editions Karthala (2007).

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INNOVATION, OBSOLESCENCE PROGRAMMÉE ET DÉVELOPPEMENT DURABLE

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Quelque soit notre  lieu de résidence, notre niveau de vie ou notre classe sociale, il y a de fortes chances que nous ayons fait le choix il y a quelques jours ou quelques mois de changer un téléphone, une voiture, un ordinateur, un aspirateur, un radio réveil,  etc..

Il y a aussi de fortes chances que lors de ce  changement, on ai décidé de s’offrir ce qui se fait de mieux dans le genre, avec les dernières innovations.

Les motivations sont nombreuses, Meilleures performances, économies d’énergies, design attractif, effet de mode, nouvelles fonctionnalités,  bouleversement total de l’utilisation…

Ce comportement est normal, il s’intègre dans la volonté de tout être de s’améliorer, de faire mieux, d’être meilleur ; En tout cas, ce choix notamment en ce qui concerne les biens matériels nous entraine de fait à se séparer d’un objet considéré comme obsolète au bénéfice d’un autre considéré comme innovant, nouveau, mieux adapté à nos besoins.

L’INNOVATION

Une innovation est une amélioration radicale d’un produit, d’un service, d’un procédé ou d’une de leur composantes et qui remporte un succès rapide1. Quand il s’agit d’innovation entrepreneuriale, le succès attendu est généralement commercial.

Nous avons vu se succéder un nombre vertigineux d’innovations ces dernières années, portées essentiellement par des entreprises et visant à nous vendre des biens qui révolutionnent nos usages dans de nombreux domaines.

Cette succession d’offres inédites répond aux nouvelles exigences des marchés où pour capter toujours plus de clients, pour conquérir un avantage concurrentiel et le conserver, il faut innover.

Toutes les grandes entreprises investissent dans l’innovation et focalisent bien souvent leur stratégie de développement sur cette dernière. Innovation technologique ou de rupture (Iphone), innovation organisationnelles ou opérationnelle (Windows), innovation d’amélioration (Renault clio 1, 2, 3).

Les produits qui ne subissent pas une de ces mutations sont dans les conditions de concurrence accrues actuels voués à mourir.

La course à l’innovation qui est plutôt une bonne chose car elle stimule la capacité des entreprises  à répondre de façon toujours plus précise et complète, à nos attentes à donné naissance à la dictature de la nouveauté. Phénomène qui pousse les consommateurs à remplacer un bien qui répond amplement à leur besoin par un autre simplement parce qu’il est nouveau ou qu’il apporte des fonctionnalités supplémentaires qui ne sont souvent que des « gadgets » sans réelle valeur ajoutée.

Pour dissuader ceux qui résisteraient à la dictature de la nouveauté et voudrait quand même garder leurs biens ; pour être sur de trouver toujours un marché aux innovations qui se succèdent ; en somme pour maintenir un niveau de demande élevé, certaines entreprises ce sont mises à réduire la durée d’utilisation des produits et des biens.

C’est l’obsolescence programmée.

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L’OBSOLOSCENCE PROGRAMMÉE

L’obsolescence programmée est donc le fait de réduire la durée de vie ou d’utilisation d’un produit par différentes techniques afin d’augmenter le rythme de remplacement.

On distingue deux types d’obsolescences :

Obsolescence fonctionnelle : lorsque le produit n’est plus utilisable pour des raisons techniques (composants non réparables ou indémontables, incompatibilité avec les évolutions techniques ou de nouvelles pièces)

–   Obsolescence psychologique / de mode : lorsque le produit ne correspond plus aux envies de l’utilisateur (nouvelles fonctionnalités ou esthétique à travers mise sur le marché fréquente de nouveaux modèles)2

A l’origine de l’obsolescence programmée il y a de la part des consommateurs l’attrait pour la nouveauté, l’envie de changer régulièrement un certains nombre de choses dont nous nous servons au quotidien et de le faire à un prix  toujours plus bas.  A partir de la chacun peut imaginer les effets néfastes de telles pratiques.

Les dégâts de l’obsolescence programmée sont écologiques, sociaux, et économiques pas seulement à l’échelle locale mais bien à l’échelle mondiale ! Ce sont les appareils que nous jetons à un rythme effréné qu’on retrouve dans les décharges sauvages  en Afrique et en Asie, ils empoisonnent  les hommes, femmes et enfants qui y travaillent et participent à la pollution des eaux et des sols.

C’est aussi un gigantesque gâchis de ressources naturelles, qui à pour conséquence l’accélération de leur épuisement et une tension de plus en plus accrue sur les marchés de matières premières.

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DES BONNES NOUVELLES

Sur le front de bataille, ceux qui militent pour la fin de ces pratiques emportent quelques victoires.

D’abord sur le plan légal car pour la première fois, une loi encadre les pratiques autour de la durée de vie des appareils et impose certaines contraintes aux entreprises. Il s’agit de la loi sur la consommation dite loi « Hamon »   du 17 Mars 2014.

Sur le plan citoyen et individuel, on voit pousser dans les grandes villes du monde des REPAIR CAFE, associations ou se retrouvent des personnes pour réparer ensemble leurs appareils cassés et prolonger leurs durée de vie !

L’autre alternative est de bien se poser la question de la nécessité de changer un produit qui fonctionne, et de s’approvisionner le plus souvent sur les marchés d’occasion.

On à donc aujourd’hui quelques armes, certes frêles mais bien réelles pour lutter !

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DES ENTREPRISES S’ENGAGENT

Nous ne pouvons clore sans mentionner et tirer notre chapeau à MALONGO, qui avec sa machine expresso EK’OH donne une vraie leçon d’économie circulaire à la concurrence et aux consommateurs.

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Loin de nous l’idée de faire de la publicité pour une marque,  mais le cas MALONGO vaut la peine d’être cité. Cette Compagnie présente sa machine EK’OH comme la première machine ECO-CONCUE, entièrement produite en France et totalement recyclable.

Des experts en ECOLOGIE INDUSTRIELLE et CONSOMMATION RESPONSABLE de GAIAPRESSE CANADA ont analysé le produit et confirment que MALONGO à mis la barre haute. En voici un extrait

Les caractéristiques de la machine expresso Ek’Oh mises en avant sont intéressantes :

–        entièrement démontable (pièces détachables et interchangeables)

–        machine réparable à l’infini

–        entièrement recyclable

–        90% des 160 composantes sont fabriquées en France par des sous-traitants

–        matériaux de haute performance (plus de 40 brevets déposés)

–        faible consommation électrique (technologie Start &Stop : 0% de perte de chaleur en veille instantanée)

–        dosettes en papier naturel biodégradable à 100 %

–        garantie de 5 ans

–        le service après-vente de Malongo assure en cas de panne, la reprise et l’échange de la machine à domicile dans un délai de 48 heures.

 

Malongo joue donc sur plusieurs domaines de la consommation responsable :

1.     L’éco-conception : il s’agit de la prise en compte de l’environnement lors de la phase de conception ou d’amélioration d’un produit (bien ou service) (cf. Guide ISO TR 14062). Cette intégration repose sur une approche globale et multicritère de l’environnement et est fondée sur la prise en compte de toutes les étapes du cycle de vie des produits;

2.     La fabrication locale (consommation locale) : la consommation locale est en forte progression aussi bien au Québec qu’en France. En 2013, plus de 62% des français ont avant tout regardé l’origine des produits sur les étiquettes (+ 10 points) et 51% le lieu de fabrication (+ 2 points). D’ailleurs, pour 35% des français, « l’achat malin » c’est acheter local. En outre, il faut noter que pour les français, un produit de consommation responsable doit en priorité être fabriqué localement (55%, + 12 points). En effet, ils énoncent privilégier les entreprises qui ont préservé une implantation locale (38%, + 4 points par rapport à 2012).

3.     La réduction de l’obsolescence programmée : En mettant en avant les possibilités de réparation (machine démontable et composantes interchangeables) et en assurant une garantie de cinq ans contre le minimum légal de un an en France, Malongo souligne ces efforts de diminution de l’obsolescence programmée, sujet d’actualité. Mais attention, on annonce qu’Elko est faite pour durer huit ans en moyenne….

 

Bien sur, les experts assurent que c’est sur le moyen ou long terme qu’on évaluera l’ensemble de  la performance de cette machine, n’empêche que c’est une bonne avancée ! Nous espérons que d’autres entreprises emboîteront le pas à MALONGO pour des innovations plus responsables, une conception  de l’économie plus circulaire.

1- Définition Robert,

2 – Issue du site « http://obsolescence-programmee.fr »

POUR ALLER PLUS LOIN

-Transition écologique mode d’emploi (Phillipe Frémeaux,Wojtek Klinowski, Aurore Lalucq) Edition les petits matins

– GaïaPresse

– Insee -Entreprise l’innovation bénéficie à l’environnement

– Documentaire « Prêt à Jeter » ARTE 2009

– Legifrance « Loi sur la consommation