Développement durable et citoyenneté

Développement durable ou citoyenneté, on a l’impression à entendre certaines analyses que les deux sont incompatibles. Incompatibles parce que dans un contexte de crise, à l’heure ou la France affiche un taux de chômage croissant et une croissance en berne, il n’est pas de bonne augure de pointer du doigt les modèles économiques qui sont voués à l’échec de par l’aberration de leur démarche.

A cela, vient se greffer l’image de l’écolo déconnecté volontaire de la société, préférant s’isoler pour fuir un monde dans lequel il ne se reconnaît pas, renonçant à y participer et rejetant même parfois les droits de citoyen qui sont les siens.

Ou encore l’image du « bobo écolo »,  espèce apparue dans les grandes villes françaises au début des années 2000,  bien éduquée et cultivée, aisée et souhaitant vivre et consommer de façon différente.

Avec l’apparition de cette nouvelle espèce s’est créé un marché, visant à leur vendre tout un tas de choses sous couvert d’écologie ou de commerce équitable, au point que le reste de la société les considère comme des personnes complètement déconnectées des réalités.

Au milieu de tous ces clichés, on peut à juste titre se poser la question s’il est possible de se reconnaître dans les principes de la citoyenneté et ceux du développement durable sans se fourvoyer.

Le citoyen est l’individu reconnu comme appartenant à une cité, un état, dont il partage le projet commun et est de ce fait prêt à y prendre une part active. La citoyenneté repose sur des droits et des devoirs qu’ils soient sociaux ou politiques.

Le citoyen à  le souci de l’intérêt commun et contribue à la hauteur de ses moyens à cet intérêt ainsi qu’à  sa pérennité.

Sauf erreur de ma part, je ne pense pas qu’il y ait du sens à construire un projet commun qui ne soit pas pérenne, rendant ainsi le citoyen prisonnier de son statut et l’avenir de la cité ou de l’état incertain.

Voilà selon moi où le développement durable prend racine dans la citoyenneté. S’il est envisageable de vivre pleinement sa citoyenneté sans tenir compte du développement durable, l’inverse me semble simplement impossible.

Défendre les principes du développement durable est une démarche résolument citoyenne, une volonté de construire un projet commun qui garantisse à toutes les étapes la considération  de la dignité, des droits de la personne humaine  et de l’environnement dans lequel elle évolue.

Au-delà du fait de respecter la loi, payer ses impôts, prendre part au jeu démocratique et vivre en  intelligence avec ses concitoyens, il s’agit  d’intégrer la notion de responsabilité dans nos habitudes de consommation, d’exploitation des ressources, et de rapports avec la nature.

Ceci dit, je suis de ceux qui prennent des distances avec les positions extrêmes où on sacralise la nature et les animaux, ces derniers se retrouvant  parfois mieux traités que les êtres humains eux-mêmes, reléguant ainsi le développement durable à sa seule dimension environnementale.

La géographe Sylvie Brunel dans son ouvrage « à qui profite le développement durable » met en exergue ces dérives qui peuvent contribuer à considérer le développement durable comme non  citoyen ou même contre productif. Loin d’être une analyse  contre le développement durable, je considère cet ouvrage comme une critique constructive avec les excès à éviter.

De la même manière, le développement durable ne peut pas se cantonner à une région, ou à des frontières. La mondialisation, l’interdépendance qui existe aujourd’hui entre les sociétés de la planète  oblige de tenir compte de la façon dont sont produits les biens que nous achetons, comment la richesse que ces biens crée est répartie, et si tout cela est fait dans une démarche de préservation ou du moins avec  un impact raisonnable sur notre patrimoine commun qu’est l’environnement.

Les organisations internationales et dans une certaine mesure les états on bien compris la valeur ajoutée du développement durable dans une démarche citoyenne et l’ont intégrée dans leurs  priorités.

C’est le cas pour l’union européenne qui à intégré dans sa raison d’être même, les principes de solidarité économique et sociale, ainsi que la protection de l’environnement.

D’autres initiatives plus locales, comme le service civique porté par exemple par « Unis-cité » font très bien le lien entre citoyenneté et développement durable.

Je conclurai donc en affirmant que développement durable rime bien avec citoyenneté, à condition de bien garder en  ligne de mire les grands piliers de ce principe.

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À propos de développeur-durable

Le billetDD se donne deux ambitions principales : -Vulgariser les principes qui sous tendent un modèle de société plus écologique, sur le plan social, économique et environnemental. -Mettre en avant toutes initiatives ou actions concrètes qui illustrent ses principes.

Publié le novembre 3, 2013, dans Social, et tagué , , , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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